IMG_1996Le rond-point du durian, centre de Kampot.

Sauve qui peut !

1er janvier 2018, nous voilà partis en tuk-tuk vers Kampot, fuyant de nos dernière force nos mauvais souvenirs de Kep. Il est temps de s’octroyer à nouveau quelques jours de vacances. Arrivés à Kampot, nous consacrons nos deux premiers jours à nous reposer, marcher, manger, surfer sur l'ordinateur, avant de partir à la découverte des attractions de la région.

 

Grottes et plantations de poivre.

Le 4 janvier, nous louons un scooter et partons explorer la campagne cambodgienne. Champs de riz parsemés de cocotiers et piste défoncée nous mènent à la grotte Phnom Kbal Romeas, une grande crevasse toute en terre friable que l'on peut explorer librement. La sécurité y est un peu rudimentaire, mais que voulez-vous, on est au Cambodge.

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J'ai peut-être l'air d'une aventurière mais je peux vous dire que je n'en menais pas large sur l'échelle cassée qui montait dans les hauteurs de la grotte, moi qui ai le vertige!

Après un arrêt au fameux « lac secret » pas du tout secret, nous visitons l'une des plantation de poivre du coin, dégustation à l'appui. La région est en effet mondialement renommée pour ses poivres, utilisés jusqu'en France par les chefs étoilés. Bien qu’après les Khmers rouge la production ait un peu ralenti, de nombreuses plantations sont encore florissantes.

IMG_2027Le joli lac secret.

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Poivre vert, poivre frais. Les premières années, les poivriers doivent pousser à l'ombre. Ils sont ensuite découvert pour gagner leur maturité.

Le soir, Éloïse, notre éternelle compagne de voyage, nous rejoint une fois de plus.

 

Le Bokor et les Khmers

IMG_2054Le premier parking, désert, du Bokor ; Yannick, Eloise et un nouvel ami rencontré par hasard.

Le 5 janvier, nous partons tous les trois explorer le Bokor, la montagne de Kampot, classée parc naturel. Ancienne station d'altitude installée dans les années 20 par les colons pour échapper au climat cambodgien, vidée par les Khmers rouges, on trouve à son sommet un joli lot de bâtiments abandonnés intercalés de nouvelles constructions, toutes aussi vides et sinistres que le consœurs d'antan. Les complexes hôteliers et casinos installées en vue d'attirer les touristes Chinois ont apparemment raté leur but.

La montagne est à 10km de la ville puis la route se poursuit sur 30km dans le parc national. La route est toute neuve, un régal pour les scooters et nos derrières endoloris par l'exploration de la veille. Quelques jolies vues sur Kampot se succèdent. Avec la luminosité, on ne distingue pas la limite entre ciel et mer ; vision de science-fiction où les digues semblent construites dans le ciel.

La gigantesque statue de Yaey Mao, déesse protectrice des voyageurs, nous accueille à mi-chemin de la montée. Nous nous arrêtons bien évidement pour lui rendre hommage.

IMG_2060Yaey Mao et ses 69 m de haut.

Les nuages sont déjà attroupés au sommet, nous empêchant de voir quoi que ce soit. Tant pis pour les photos, nous partons explorer les restes de l'hôtel, du palais royal et de l'église, abandonnés et noircis par les éléments. Il règne sur le sommet une drôle d'atmosphère, avec ses ruines sombres jouxtant les nouvelles constructions toutes aussi désertes au milieu de la luxuriante nature.

IMG_2068En arrivant près de l'ancienne station d'altitude...

IMG_2095A gauche, un ancien hotel, à droite, un nouveau.

IMG_2090Une dépendance du palai royal abandonné.

Nous redescendons vers la ville et nous arrêtons pour manger au marcher de Kampot. C'est un marché de locaux, on n'y trouve pas un Blanc et on y mange de la bonne cuisine pour moins d'un euro. Aymeric, un ami d’Éloïse qui vient d'arriver en ville, vient compléter notre groupe alors que nous partons, sur les conseils de la gérante de notre hôtel, vers la « plage secrète », qui n'est ni une plage, ni secrète, juste un rivage caillouteux où les locaux viennent passer du bon temps. On traverse les marais salant pour y accéder. Aucun touriste n'y met généralement les pieds ; effectivement, à première vue, le coin ne paye pas de mine. Installés sous une paillote en béton, un groupe de Khmer est en train de boire des bières en mangeant des huîtres au piment. Comme promis par notre gérante, ils nous font de grands signes des bras et nous invitent à nous joindre à eux. Nous passons toute l'après-midi avec eux, à partager leur bière et leur nourriture, parlant un anglais approximatif et prenant des tonnes de photos. Nous arrivons à communiquer et à rire ensemble. Bières, huîtres, coquillages, et photos de groupe s'enchaînent dans la douce lumière du soleil qui se couche sur la mer. Leur générosité est sans limite ; ils refusent que nous participions aux frais d'achat des nombreuses bières qu'ils nous offrent. Lorsque nous leur proposons de l'argent pour les dédommager, certains sont même très offensés. Cela ne les empêche pas de nous inviter à dîner avec eux. À la queue-leu-leu, nous rejoignons leur village en scooter où nous attendant encore plus de bière et un dîner khmer. La politesse veut que les invités mangent en premier, aussi nous voilà le centre des regards, nos hôtes à présent fort nombreux nous observant attentivement picorer dans les plats. La façon française nous pousse à les encourager à se joindre à nous, mais pas moyen, la nourriture est pour nous et c'est tout.

Après encore plusieurs bières, tout le monde commence a être bien éméché. Une petite dame a l'air très mécontent débarque pour cherché son mari tout bourré et le traîner par la peau des fesses à la maison sous les rires moqueurs de ses compères.
Si les Khmer n'hésitent pas à conduire ivre, il n'en va pas de même pour notre petite troupe. Avec maintes politesses maladroites dans nos langues respectives, nous arrivons finalement à prendre congé à 21h30. Encore une fois, nous tentons de leur glisser un peu d'argent, encore une fois, il est refusé. Sonia et Alexandre Poussin1 l'avait bien dit : « lorsqu'on nous demande, nous donnons, lorsqu'on nous offre, nous acceptons ». Quel affront de vouloir payer lorsqu'on nous offre de si bon cœur ! C'est les prendre pour plus pauvres et plus intéressés qu'ils ne sont. Yannick et Éloïse glissent finalement discrètement quelques riels à l'une des femmes entourée d'enfants en lui faisant promettre de ne rien dire – elle en fera bon usage.

 

Nous passons notre dernier jour à Kampot comme le premier, à nous relaxer, et retrouvons Éloïse et Aymeric une soirée resto. Au menu : fondue suisse !! Après tous ces mois loin de notre France, la tentation de ce restaurant de fromage est trop grande. Le fromage importé est loin du vrai fromage que nous connaissons en France, mais pour nos papilles frustrées depuis plusieurs mois, ça fait très bien l'affaire !

 IMG_2001Une rue de Kampot.

Le 7 janvier, nous partons en bus pour Koh Kong, le sac de Yannick un peu plus léger, car il a oublier son manteau dans le coffre du scooter. Contournant la grosse ville de Sihanouk, nous partons vers la calme plage en bord de frontière thaïlandaise.

 

 

1 Sonia et Alexandre Poussin, aventuriers-écrivains, sont les auteurs d'Africa Trek, deux volumes relatant leur traversés entièrement à pieds du sud au nord de l'Afrique.