ferme soir

Le 2 décembre, nous passons la frontière thaïlandaise avec un bus local. Nous sommes les seuls Blancs du bus, parmi les Lao, Thaï, Chinois et quelques Coréens, ce qui nous vaut comme toujours une foule de regards curieux. Le passage de la frontière se fait sans stress et sans arnaque, les citoyens Français bénéficiant de 30 jours de visa gratuit en Thaïlande. Je retrouve avec joie mon pays préféré d'Asie du Sud-Est comme si je ne l'avais jamais quitté et reprend vite mes marques.
Huit heures et deux bus plus tard, nous arrivons à Sakon Nakhon, une ville à l'Est de la Thaïlande, où nous passerons les deux prochaines semaines en wwoofing. Connue pour être un désert touristique, il n'y a rien de particulier à visiter dans cette partie du pays. En contre-partie, on accède à la « vraie » Thaïlande, avec des locaux qui vivent leur vie de locaux et presque aucun autre Gringo aux alentours.

Il est 21 heures quand Erich, notre fermier, vient nous chercher à la station de bus. Ancien écrivain et universitaire, notre hôte Américain, la cinquantaine bien tassée, vit en Thaïlande depuis quinze ans. Sa femme, Cho, est une sublime Thaïlandaise qu'on croirait sortie d'un magazine de mode, avec qui il a deux enfants. Comme beaucoup d'Asiatiques, à 45 ans elle en paraît dix de moins ; toujours mise avec soin, habillée avec goût, coiffée avec élégance, elle jongle sans broncher entre son poste de professeur d'anglais à l'université de Sakon et sa vie de mère et d'épouse. Du matin au soir, elle enchaîne les corvées, s'occupe des enfants, prépare à manger, fait des cookies, s'inquiète de notre confort à la ferme, refait des cookies, nous prépare un tupperware pour le petit-déjeuner du lendemain, sans cesser de sourire, sans jamais s'énerver, avec toujours un mot gentil ou une attention délicate qu'elle distribue sans compter. Leurs deux fils, Kiri et Khrom, 6 et 2 ans respectivement, sont de mignons petits métisses aussi bilingues qu'énergiques. Erich nous confie son soulagement de vivre en Thaïlande, où le coût de la vie leur permet d'employer à plein temps une nounou qui aide Cho avec les enfants et l'entretien de la maison pour une bouchée de pain comparé à l'Occident.

 

La ferme de l'étranger

Installé à Sakon depuis 10 ans, il y a bâtit sa ferme et entamé une nouvelle existence. Il a passé les cinq premières années à en construire l'infrastructure, marres de rétention d'eau, lits de culture, route, plantation d'arbres, principalement à la main. La ferme a seulement commencé à produire ces dernières années. Installée un peu à l'écart de sa maison, elle consiste en potagers sur buttes, un petit champs de riz, deux marres, une cabane à outils où Erich cultive aussi des champignons comestibles, un poulailler et la cabane des wwoofers.

ferme 1Vue du potager depuis notre cabane.

cabane 1La cabane à wwoofers.

La petite maison, pas plus grande qu'une chambre, est certes un peu rudimentaire mais dispose de tout le confort nécessaire. Réticente les premiers jours, je m'habitue vite à cette vie simple, proche de la nature et loin du superflu. Nous avons l'essentiel, un abri en dur, propre, l'électricité, l'eau courante - même s'il faut aller allumer et éteindre la pompe à chaque utilisation. La nourriture est abondante et à portée de main dans le jardin.

cabane 2Petite maison sur pilotis (les innondations sont fréquentes dans le coin), rocket stove pour faire du feu, Yannick, la cabane à outils et à champignons et au premier plan, un papayer.

cabane 3De l'avant vers l'arrière, le rocket stove, Yannick, notre poêle et tout au fond, la douche. Ici, rien ne se perd, on arrose les bambous en même temps qu'on se lave.

cabane 5Sous le porche, nous stockons la paille de riz servant à allumer le feu, le balai et notre bidon d'eau potable, ainsi que tous nos ingrédients de cuisine, hors champs, suspendus dans des sacs plastiques sur le fil à linge pour les préserver des fourmis. A l'intérieur de la cabane, vous pouvez apercevoir nos futons, repliés pour les protéger des crottes de geckos et autres bébêtes.


En échange d'être logés, nourris et blanchis, nous travaillons avec Erich quatre heures par jour, cinq jours par semaine. C'est la seule raison qui nous a fait faire un détour par ce coin reculé de la Thaïlande : enfin une vraie ferme où nous allons faire de la vraie permaculture !
Parmi nos activités, on compte la récolte du riz à la main. Le meunier est juste à coté et nous goûtons le fruit de notre labeur deux jours plus tard. Il faut couper des eucalyptus et fendre du bambou à la machette pour les constructions. Désherber les lits de permaculture, planter, pailler, construire des supports pour haricots. J'asperge aussi régulièrement les champs avec du fertilisant maison à base de micro-organismes fermentés.

ferme 6Yannick en pleine construction des supports à haricots.

Erich parle beaucoup, s'extasie devant ses plantations, sa ferme, son travail et les miracles de la nature. Des dizaines de fois par jour, il nous répète avec exaltation : « isn't that amazing ? Isn't it wonderful ?, it's incredible, ha! » « amazing », « beautiful » (n'est-ce pas merveilleux? C'est fantastique ; incroyable, n'est-ce pas!; magnifique). Il nous raconte la construction de sa ferme, son intégration parmi les voisins du village et nous explique comment fonctionne la permaculture sous les tropiques, l'écosystème sec-humide de Sakon étant très différent de celui de nos pays tempérés.
Il
demande aussi mes conseils d'ingénieure écologue pour améliorer la productivité de sa ferme et notamment de sa maison à champignons. Malheureusement pas très enclin à écouter mes recommandations, il finit toujours par faire à son idée. Je ne m'offusque pas pour autant, cela colle avec le personnage et après tout, c'est sa ferme, il fait ce qu'il veut.

ferme 9Erich au milieu des buttes de permaculture.

Notre petite routine se met en place : levée à 6 heures, je vais nourrir les poules, arroser la nursery de jeunes pousses et vaporiser les champignons en regardant le soleil se lever. Je réveille Yannick à 6h30, qui range les lits et fait le feu. Nous disposons d'un rocket stove, sorte de petit poêle censé facilité le démarrage du feu, qui prend tout de même plus ou moins longtemps à s'allumer selon les jours et le taux d'humidité du petit matin. Au bout de 15 à 30 minutes, on arrive enfin à faire bouillir de l'eau pour le café et les nouilles et, si le feu prend bien, faire cuire des œufs et toaster du pain.

cabane 4
Yannick, maître du feu (avec moi, je sais pas pourquoi, ça ne prend jamais).


Le petit déj' avalé, nous commençons à travailler vers 7h30 et finissons vers 11h30, quand Erich décide qu'il est l'heure de manger. Nous déjeunons généralement chez lui et restons parfois pour utiliser la connexion internet – car il n'y a pas de wifi à la cabane. Nous avons le reste de la journée libre. Nous retournons généralement chez Erich vers 17 heure pour dîner et discuter.

Comme nous allons vite le découvrir, son côté littéraire est très développé : il parle beaucoup, blablate, déblatère au rythme des épithètes et figures de styles exagérées dont il égaye ses longues tirades. Il s'écoute parler, raconte tout et son contraire. Quand ce sont des sujets que je ne maîtrise pas, je lui laisse le bénéfice du doute ; mais quand il commence un cour de biologie à côté de la plaque, je ne tiens plus en place. Impossible de l'arrêter pourtant, toute interruption est ignorée ou lui sert à rebondir de plus belle pour sortir une ânerie encore plus grosse. Fervent défenseur de Donald Trump et un poil macho sur les bords, son étonnante capacité à monologuer pendant des heures me désarme. Mais bien qu'ayant des opinions très divergentes des nôtres sur de nombreux sujets, Erich n'en reste pas moins fort sympathique la plupart du temps. Il a beaucoup de connaissances en permaculture et certaines de ses histoires sont presque intéressantes. Lui et sa femme sont très généreux, nous nourrissent à outrance, nous emmène même au restaurant.

Parfois nous mangeons à la ferme, quand il y a suffisamment de restes à finir. Le soir, j'installe les lits vers 20h et nous nous endormons vers 21h, au son des cris des geckos et de la musique du voisin qui laisse sa radio allumée toute la nuit pour éloigner les cambrioleurs (???).
Les nuits sont fraîches, voir carrément froides en cette saison, et nos deux couettes ne sont pas de trop. Comprenez bien que comparé aux 35°C de la journée, les 18°C du petit matin sont frisquets et le vent du nord nous fait grelotter. Je finis vite par adorer la petite ferme et sa vie frugale, même si Yannick, lui, a du mal à s'y faire.

Nos après-midis sont plutôt calmes. Il n'y a pas grand-chose à faire à la ferme, alors on apprend à ralentir le rythme, se reposer, ne rien faire au lieu de surfer compulsivement sur le web ou de courir les attractions touristiques. L'ennui et l'isolement nous forcent à trouver d'autres ressources. C'est l'occasion de lire nos livres, faire le point, penser à la suite de notre voyage. J'en profite pour rattraper un peu de mon retard dans mes articles et tracer notre plan de route pour les prochains mois.

cabane 13       cabane 14
Se relaxer, c'est toute un apprentissage.

 
Quand l'isolement se fait trop pesant, nous sortons à Sakon Nakhon. La ville est à 20 km. Ici, pas de bus mais l'équivalent thaï, le songthawk, sorte de pick-up aménagé qui vous ramasse et vous dépose où vous voulez sur sa route. En bon falangs, on ne comprend pas toujours comment ça marche, il n'y a pas d'horaires affichés (bien que les Thaï, eux, arrivent toujours pile au moment où le songthawk passe alors que nous l'attendons parfois quarante minutes), on ne sait jamais s'il en viendra un et on se retrouve souvent le soir obligés de faire du stop parce que plus aucun ne passe. Pourtant, j'adore ce moyen de transport, tellement local, tellement thaï ! Je suis toujours très fière quand on arrive à en attraper un et on arrive en dix minutes au centre ville.

Songthaew_3        songthawk
Un songthawk thaïlandais (source: https://en.wikipedia.org/wiki/Songthaew) et moi dedans.

Dans Sakon, les centre commerciaux, cafés chics, marchés et festivals animent la ville en continue Je me rend compte à présent à quel point la Thaïlande est riche et moderne comparée à ses voisins. Nos déplacements dans la ville sont toujours accompagnés par des « falangs » que je capte dans les conversations des locaux à notre vue. Jamais vu des Thai aussi étonnés de voir des Blancs !

 

Malade un jour, malade toujours

Depuis Ha Thanh, mes semaines sont régulièrement ponctuées d'épisodes de maladie qui me clouent au lit pour un ou deux jours avant de disparaître comme si de rien n'était. Luang Prabang, Vang Vieng, Vientiane et maintenant Sakon, qui ne déroge pas à la la règle. De terribles maux de ventre m’empêchent de bouger pendant parfois plusieurs heures et disparaissent aussi vite qu'ils sont venus. Sans aucun autre symptôme, je sais que ce n'est rien de grave, mais c'est tout de même un peu handicapant à la longue et nerveusement fatigant. Moi qui me réjouissait d'arriver dans un pays plus moderne, je comprends vite que l'option médecin n'est pas envisageable ici non plus. Erich nous raconte que l'un de ses amis, un jeune Américain installé lui aussi en Thaïlande, a eu un accident de scooter il y a quelques mois. Les médecins Thaï lui on diagnostiqué six fractures et lui ont conseillé de retourner en Amérique pour se faire soigner. Arriver dans son pays, on lui a trouvé huit fractures de plus, qui avaient échappées aux médecins Thaï et quelques commotions internes, elles aussi passées entre les mailles. Grands Dieux, si même la Thaïlande n'a pas de bons médecins, je suis perdue ! Je décide donc de laisser la nature faire et prend mon mal en patience.
Cette fois, j'en ai pour toute une semaine ; peut importe ce que je mange, bois ou prend comme médicaments, rien n'y fait. Je finis par laisser tomber le régime riz-coca et me faire plaisir, ce qui semble n'avoir aucun effet, ni positif, ni négatif, sur mes terribles maux de ventre mais a au moins le mérite de me remonter le moral quelques minutes par jour.

 

Phu Phan ferme royale

Mon système digestif enfin remis, nous partons avec Erich pour une journée un peu spéciale. Quand je dis qu'il n'y a rien de particulier à voir à Sakon Nakhon, ce n'est pas tout à fait vrai. Il y a un lieu d’intérêt majeur pour les voyageurs fermiers que nous sommes : la ferme royale de Phu Phan ! Le roi Bhumibol, souverain adoré de son peuple, avait dès les années cinquante pressenti le potentiel de la permaculture et installé à cet effet, sur ses propres fonds, dix fermes pédagogiques aux quatre coins du pays. On trouve justement l'une d'elles à Sakon. Dans cette immense ferme, les Thaïlandais peuvent venir gratuitement recevoir des cours de permaculture sur tout ce qui peut se cultiver ou s'élever en Thaïlande, chercher des semences, acheter à très bas prix des arbustes ou des animaux. Des bourses royales peuvent leur être offertes s'ils acquièrent des buffles d'eau, en voie de disparition dans le pays, ou installent des plantes particulières chez eux.

Nous passons la journée en extase. Erich, qui connaît l'endroit comme sa poche pour y avoir passé de longues heures au début de l'installation de sa ferme, nous fait une visite guidée de l'endroit qu'il ponctue d'anecdotes personnelles. Toutes les échelles de culture sont soutenables et soutenues, du jardinet à l'exploitation vivrière ; les plantes, les animaux sont abordés, présentés, expliqués. Potagers, champignons comestibles, forêts-jardin, aquaculture, élevage d'insectes, de lapins, poules, canards, cochons, vaches, séparés, mélangés, sur quelques mètres carrés ou des hectares entiers, tout ici existe et fonctionne, verdoie, respire la vie et la fraîcheur, pour montrer aux habitants qu'une alternative durable est possible et leur expliquer comment s'y prendre. Des dizaines de cars scolaires traversent l'endroit, les classes en plein air et les professeurs nous saluent quand nous essayons de passer discrètement pour ne pas les déranger. Nous apprenons plein de choses, découvrons des techniques que nous n'aurions même pas imaginé, nous remplissons la tête de bonnes idées. Nous déjeunons sur place, au restaurant 100 % ''locavore'' de Phu Phan avant de rentrer retrouver la chaleur étouffante de la vallée.

Phu Phan3
Les petits cochons noirs, race locale, sont élevés avec leur mère. Les grilles sur lesquelles ils marchent sont positionnées au dessus d'une marre, afin que les déjections des cochons viennent nourrir les nombreux poissons qui y vivent. En permaculture, il n'y a pas de déchets, il n'y a que des ressources.

Phu Phan8La permaculture est l'art d'équilibrer les écosystèmes artificiels. Ici, le poulailler est placé dans le verger. Les volailles y paturent en liberté. Elles fertilisent la terre de leur déjections et mangent les insectes potentiellement nuisibles aux arbres, tout en profitant de leur ombre. Du travail en moins pour le cultivateur, du confort en lus pour les oiseaux.

Phu Phan12
Au fond à droite, notre fermier Erich ; à l'avant, moi nourrissant les carpes au biberon. Elle sont plus que domestiques!

Phu Phan14
Rebelote avec la maison des canards: rien ne se jète. La partie au sec de leur maison, constituée de grilles, est au dessus de la marre, qui collecte les déjection qui nourrirons les poissons. Les canards ont libre accès à l'eau pour nager. On peut faire la même chose avec des poules, en ajoutant simplement un perchoir.

Bon, je vous la fait courtes avec quelques exemples, mais les fermes royales thaïlandaises sont vraiment une mine d'idées et d'informations applicables partout dans le monde. Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à me contacter ;)

 

Un village thaïlandais

Il y a environ dix minutes de marche entre notre cabane et la maison d'Erich. Chacun de nos passages dans les ruelles du village entraîne des « Hello / Sawadee Kha » enthousiastes de la part des habitants. Les villageois sont particulièrement accueillants, ils nous hèlent pour nous inviter à boire des coups, viennent nous causer et nous poser des questions – en thaï bien sûr. Depuis le temps, ils savent que les Blancs qui passent dans le hameau sont les protégés d'Erich qui viennent vivre et travailler à sa ferme pendant quelques semaines. Ils ont même surnommé entre eux l'endroit « falang farm », la ferme de l'étranger.

Autre pilier de notre quotidien, nous passons tous les soirs à la supérette de Tung, le sympathique voisin d'Erich, qui a le double avantage de parler anglais et d’être le mieux fourni du village. Bières, laits de soja et conversations quotidiennes finissent par nous lier d'amitié. Tung est de ces personnes qui vous donnent tout sans compter et pour qui c'est un honneur d'inviter.
Un jour que nous venons lui acheter de la colle pour réparer les rangers de Yannick dont les semelles baillent de tous les cotés, il se met en devoir de les réparer lui-même, avec sa propre colle et ses outils aussi sophistiqués que ceux d'un cordonnier, parce que « celle du magasin, elle n'est pas bien ». Il tient à les garder en observation toute une nuit pour vérifier la qualité de son travail, refuse qu'on le paye et nous invite par-dessus le marché à passer une journée avec lui pour visiter sa ferme, dans un village voisin.

 

La ferme de Tung

Ce samedi 16 décembre, nous avons rendez-vous à 9h au magasin. Il fait ''froid'' ce matin, nous avons sorti les écharpes et Tung son bonnet. Nous montons dans son pick-up et c'est parti !.. pour s’arrêter trois minutes plus tard. Tung fait quelques achats et nous tend en rentrant dans la voiture un petit sachet à chacun, contenant de quoi petit-déjeuner : des fines gaufrettes sucrées au sésame. En bon Thaïlandais, il nous conduit, nous nourrit, s'occupe de nous, nous redonne à manger, nous invite à déjeuner.

Nous faisons un détour par l'école locale où il est enseignant. Il nous explique que cette école est gratuite et accueille surtout les enfants des habitants les moins riches des villages alentours. Dans sa salle de classe, les instruments de musique et de cuisine remplissent l'espace entre les livres et les posters écrits en thaïlandais. Musicien passionné, il a aussi fait installé une salle de musique toute équipée d'instruments au fond de la cour.
Nous reprenons la route et nos gaufrettes pour quelques minutes et arrivons à sa ferme vers 10 heures. Tung nous fait visiter la propriété : à gauche, la maison de son frère, à droite, celle de sa sœur, derrière, celle de son autre sœur. Nous sommes en terre familiale ! Sa maison à lui est une grande maison ouverte traditionnelle, sans murs ainsi que cela se faisait au siècle dernier, qu'il a construit lui-même et habité pendant ses longues années de célibat avant de rencontrer sa femme. Il compte bien, une fois en retraite, revenir s'en occuper à plein temps. Il nous raconte tous ses projets d'aménagement pour le futurs au fur et à mesure que nous traversons le bazar hétéroclite que contient la maison. L'un des cotés ouvre sur une grande marre, en partie arrangée par Erich pour retenir l'eau plus efficacement en saison sèche. Il veut y installer des cabanes flottantes dont les flotteurs seront desbidons en plastique de récup'. Elles constitueront des chambres pour les clients de ce qui sera sa guesthouse. Il a déjà tout ce qu'il faut pour les décorer : meubles, trophées de chasse, cadres, pour l'instant empilés au quatre coin de la maison et faisant office de mur temporaires. La maison principale, un peu débarrassée à cet effet, servira de salle commune, où les clients pourrons à loisir faire la cuisine, peindre, jouer de la musique, bricoler.

Un petit potager propret planté en permaculture, une dépendance au plafond bas, un abri servant d'atelier et une salle de bain en projet complètent la propriété. La visite nous prend une bonne heure, après quoi il est temps de préparer le déjeuner, prendre une tonne de photos ensemble, et rentrer faire la sieste au village. Tung est aussi honorer de notre présence dans son antre que nous d'être invités. Avant de partir, il nous fait promettre de revenir le voir dans quelques années quand son projet sera fini et nous assure que nous avons à présent deux maisons : une en France et une ici, en Thaïlande.

Tung 3*De gauche à droite, Tung, Yannick, moi et l'épouse de Tung.

Une dernière journée de repos et nous plions bagages. Nous quittons Erich à la station de bus, celle-là même où il est venu nous chercher deux semaines plus tôt. Direction plein sud. Nous sautons de ville en ville et de bus en bus pendant deux jours pour rejoindre la frontière cambodgienne. Non loin de là se trouve notre prochaine étape : Siem Reap et les temples d'Angkor...