Pattepackers: à pattes autour du monde

22 février 2018

Kep & le Blue Kep Hotel

Welcome crab KepCe gros crabe à pattes bleues accueille les touristes à l'entrée de la ville.
Source : https://www.flickr.com/photos/96862558@N03/14255131083.

Pour ne pas visiter le Cambodge qu'en touristes, je nous dégote un volontariat dans le sud du pays, à Kep. Je tombe cette fois totalement à côté de la plaque et nous emmène droit vers un fiasco monumental. Rien que d'en parler, j'en tremble encore ! Mais aller, no filter comme promis ;)

Nous passons la journée du 25 décembre en bus et arrivons 13 heures plus tard au Blue Kep hotel sous une pluie diluvienne. Pas le temps de se sécher, le restaurant de l'hôtel est bondé, Christian et Chantal, les propriétaires, nous mettent tout de suite au travail. Après avoir passé les fesses vissées sur un siège toute la journée, ça ne nous fait toutefois pas de mal. Entre deux commandes, nous essayons de nous familiariser avec l'endroit et nos nouveaux hôtes. Froids comme des Français au premier contact mais apparemment très gentils d'après les commentaires des clients sur internet, nous attendons quelques jours avant de nous faire une idée arrêtée sur leur compte. Nous dînons de toast et d'un verre de vin français après que les clients soient partis et nous couchons à minuit pour nous lever à 7 heures le lendemain – un peu rude après la semaine qu'on a passé à Siem Reap ! Je me dis que ça ira mieux les prochains jours, que c'est juste le temps de se mettre dans le bain, de créer notre routine. Malheureusement, ça ne va faire qu'empirer, Christian et Chantal étant, je vais vite m'en rendre compte, de véritables marchants d'esclaves.
Nous travaillons de 8 heure à 13 heure. Le déjeuner est servi à 14 heures, puis nous devons reprendre de 19h à 21h si nous voulons bénéficier du dîner, qui est servi à 22h. Le temps de manger, débarrasser, faire la vaisselle, se doucher, il est vite 23h30 passées et temps de se ruer au lit pour profiter de quelques heures de sommeil avant .de refaire la même le lendemain. Même mon plein temps en France était plus correct ! Car voilà ce que je n'avait pas calculé avant de nous engager. Partant du principe que nos compatriotes d'hôtes avait une notion du volontariat ''à l'européenne'', je n'avais pas négocié les conditions de l'échange. On apprend de ses erreurs. 7 heures par jour, 6 jours par semaines, ça fait 42 heures de travail par semaine (contre une trentaine maximum généralement admises), pour un volontariat où nous recevons un lit dans une buanderie et des repas assez moyen ; et bien sur, pas un centime. Voilà qui n'est pas très réglo !

Le Blue Kep Hotel est de plus isolé, il faut prendre le taxi ou louer un scooter pour rejoindre le centre et tous les restaurant alentours sont hors de prix, il n'y a pas de superette, ce qui nous force le plus souvent à faire le service du soir.
Petites nuits et grosses journées. Le matelas dépasse du sommier, il fait forcément humide dans la ''chambre'' sans fenêtre et sans intimité vu que c'est une pièce de travail et de toute façon, on n'a pas trop le temps de dormir. Jamais nous n'avons travailler autant avec si peu en échange. Nous nous tuons littéralement à la tache sans pouvoir vraiment nous reposer. Le temps entre deux services est trop court pour faire une bonne nuit de sommeil. Nous sommes tellement fatigués que nous ne sortons même pas visiter les alentours.
Si encore nos hôtes étaient sympa, on s'en accommoderait volontier, mais c'est là le pire. Pas un sourire, très peu de reconnaissance, aucune générosité, Christian et Chantal ne sont même pas gentils ou agréables, leurs cœurs semblent aussi secs que leurs paroles. Chantal vante sa cuisine qui, pour les clients, est certainement délicieuse mais qui pour nous est pour le moins basique. C'est elle qui prépare les repas de midi et du soir, cela facilitant son organisation dit-elle et qui est théoriquement bien pour nous. Étant végétarienne, je peux aller me faire cuire un œuf, au sens propre du terme, car Chantal n'a « pas le temps de [me] faire autre chose ». En plus, le travail est dur et ennuyeux. Aucun amusement, aucun plaisir, rien à faire alentour pour se changer les idées, personnes à qui parler. On essaye de discuter avec nos hôtes, mais c'est souvent à sens unique. Ils nous racontent leur vie mais ne s'intéressent pas à nous, nous expliquent à quel point ils ont été déçus des précédents wwoofers, qui s'arrêtaient de travailler à midi alors que Chantal leur préparait des repas si délicieux (mmmh, question de point de vue j'imagine). Ils répètent à qui veut l'entendre qu'ils adoooorent leur travail dont il se plaignent pourtant souvent, crachent sur leurs voisins expat' et leur font de grands sourires quand ils viennent boire un verre. Leurs deux employées précédentes ont démissionné il y a quelques semaines et il peinent à retrouver du personnel fiable.
Nous essayons sincèrement de bien bosser, d'être sympa, de créer du lien, de les comprendre, ça ne mène à rien. Ça ne passe pas. Au bout de deux jours, je sais que la vie ici va être un calvaire, qu'on ne sera jamais respectés à notre juste valeur. Yannick, plus patient, tient le coup quatre jours avant de se ranger à mon avis. Ils se fichent littéralement de nous et nous utilise tout simplement comme de la main d’œuvre gratuite et facilement exploitable. On ne les aime pas et c'est réciproque : quand je leur annonce que nous devons partir plus tôt, ils sont ravis. Nous avançons notre départ d'une semaine. Plus que quelques jours à tenir. J'essaye quelques petites stratégies pour économiser mon énergie mais ils veillent au grain. Le tout cadencé par les critiques des précédents wwoofers – vous pouvez être sûr qu'à présent on en prend aussi pour notre grade.

Ce séjour aura au moins eu l'avantage de me permettre de voir un médecin pour mes maux de ventre chroniques : le docteur Christian Siokmac, expatrié et en retraite depuis quelques mois, accepte de me recevoir par l'intermédiaire de Chantal. Le jour du rendez-vous constituera  notre jour de congé, car nous ne servons à rien si nous ne sommes pas là tôt le matin. Sa maison est située de l'autre côté de la ville, il faut louer un scooter. Christian explique vaguement à Yannick où elle se trouve et nous laisse partir. J'ai tout de même le réflexe de prendre le numéro de téléphone de l'hôtel en cas de pépin. C'est tout une galère de se repérer dans Kep et que je téléphone pour demander de l'aide, je me fait rembarrer : « on est occupé avec les clients là, c'est pas la peine de harceler le téléphone » ils n'ont que cette phrase à la bouche. Ok, pas grave, on va se débrouiller. L'excellent sens de l'orientation de Yannick finit par nous sortir de cette galère et le médecin ne s'offusque pas de notre retard. Il est même très content de nous rencontrer, nous raconte sa vie de médecin sans frontière et conclu que mon état n'est pas inquiétant. Une prise de sang à l’hôpital local le confirme : pas d'infection, pas d'invasion, pas de problème.
Il est midi, nous avons encore toute la journée devant nous et aucune envie de retourner au Blue Kep. Nous en profitons pour faire un petit tour en scooter dans Kep et aller manger du crabe au poivre (enfin Yannick pas moi), les spécialités locales, au marché au crabes. Nous allons digérer sur la plage. Tout est un peu morne à Kep, ni beau, ni moche, pas vraiment intéressant mais pas inintéressant non plus. Par contre, tout est cher. C'est plein d'expatriés Français qui tiennent leur restaurant ou leur hôtel pour les touristes Français qui viennent retrouver leurs habitudes de Français pour un instant.

crabes bleusLes crabes à pattes bleues, espèces emblématique de la ville, remplissent les paniers des restaurants, prêts à passer à la casserole.
Source : http://www.mademoiselle-voyage.fr/asie-cambodge-koh-rong-kep-que-voir-dans-le-sud/.

Encore quelques jours de travail nous attendent avant de pouvoir partir. Le 31 décembre, branle-bas de combat pour le nouvel an, nous enchaînons onze heures de service. Pas par choix bien sûr, nous sommes obligés d'aider le soir, ce n'est pas négociable. Nous passons donc notre réveillon au labeur. A 1 heure du matin, avant d'aller me coucher, je prévient nos bourreaux que  nous nous lèverons plus tard le lendemain, pour compenser les heures faites en plus. Sans plus de question – ou même de réponse de leur part, je calcule qu'avec nos 4h suplémentaires du jour, nous prendrons notre service à 12h et travaillerons jusqu'à 13h. Quand nous nous levons le lendemain à 11h, à peine reposés de notre semaine, Christian m'annonce que vu l'heure, notre aide est inutile et que nous pouvons prendre notre journée. Chantal dans sa cuisine ne répond même pas à notre bonjour. C'est à croire qu'ils sont fâchés que nous ne nous soyons pas levés à l'heure habituelle ! Peut-être pensaient-ils que les heures de la veille seraient cadeau ? C'est la goutte d'eau de trop. L'ambiance est exécrable, encore plus froide que d'habitude. Je suis dégoûtée, épuisée, j'ai l'impression de m'être faite avoir sur toute la ligne, d'avoir donné à sens unique. Plus que la souffrance physique, c'est mon moral qui en prend un coup. Je me plains souvent (ok, toujours) de nos expériences de volontariat en Asie, mis nous en tirons toujours beaucoup de positif : si le travail est dur, les hôtes sont adorables, parfois ils sont énervant mais aussi très généreux, les tâches sont ennuyeuses mais le nombre d'heures réduit, même si on ne se comprend pas toujours, on s'apprécie, on apprend à se connaître et à s'apprécier, on essaye au moins, on fait des efforts, des deux côtés on tisse la relations et quand c'est difficile, les autres volontaires ou personnes rencontrées sont là pour nous soutenir et nous aider. Ici, rien de tout ça. Nada. Le vide humain. L'aridité sentimentale, la stérilité du labeur.
Yannick veut partir sur le champs. Nous abandonnons le déjeuner pour lequel nous avons pourtant travaillé la veille et et quittons le Blue Kep le 1er janvier juste après le petit déjeuner. Christian et Chantal ont l'air soulagés de nous voir partir. Nous échangeons avec eux des sourires et des vœux hypocrites (merci les clients présents) puis nous sauvons de cette galère sans demander notre reste. Adieu ingrats esclavagistes, adieu ville pourrie où il n'y a rien à faire et où tout le monde crache dans le dos des autres. Direction Kampot, en tuk-tuk, où nous passerons nos deux premiers jours de l'année à dormir, glander , nous promener et prendre soin de nous pour récupérer de ce traumatisant volontariat. Tant pis pour l'arbre magique, les plantations de poivre et le parc national de Kep, attractions sûrement sympa mais que nous n'avons pas eu l'énergie de faire.

IMG_1993La plage de Kep.

Si le réveillon n'était pas terrible, le 1e janvier marque l'avènement de notre capacité, timides et introvertis que nous sommes, à défendre nos intérêts et à nous dresser contre l'oppression – et l'oppresseur. Nous ne perdons pas la foi en HelpX, Wwoofing et Workaway pour autant. Au contraire, cette expérience me remet dans le droit chemin, me rappelle que le contact avec les hôtes doit être fort et profond dès les premiers mails et les conditions de l'échange clarifiées avant d'arriver. C'est finalement une expérience intéressante, qui aura affiné notre détecteur à escrocs et nous aura fait expérimenter la face sombre du travail volontaire dont tant de personnes m'avaient parlé et que je n'avais jamais vécu.

Allez, on se retrouve dans quelques jours pour un nouvel article, plein de vacances et de bonne humeur !!


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18 février 2018

Siem Reap, Angkor et plus encore - 3

 

Quatrième jour, villages flottants

Nous avons besoin d'une grasse mat'. Une pause dans les visites de temples ne serait pas de trop non plus, pour éviter l'overdose. Nous optons donc le 23 décembre pour une visite de village flottant. Avec l'immense Tonlé Sap, le plus grand lac d'Asie du Sud, à quelques kilomètres de Siem Reap, il y a de quoi voir.
Nous rappelons Mr Ramet qui s'empresse de nous rejoindre. Il ne négocie même pas le prix que je lui propose pour la course, bien que le village que nous souhaitions visiter, Kompung Kleang, soit à 50 kms de la ville.
Toujours aussi souriant, Samet nous promène à travers la campagne, commente le trajet et nous fait découvrir le ''snack'' local, le riz au lait de coco cuit dans du bambou, qu'on achète dans les petits stands improvisés au bord de la route.

riz 1     riz 2
Samet nous explique que les Cambodgiens en route vers Phnom Penh, la capitale, s'arrêtent souvent acheter toute une razzia de ces petits bambous pour ramener à leur famille en ville.

Pour découvrir le village flottant, on prend bien sûr le bateau. Ça coûte 20$ par touriste (environ 16€), ce qui n'est pas donné mais au moins Mr Ramet peut venir avec nous. Il nous confie ne pas venir souvent jusqu'ici et a l'air aussi content que nous de cette petite virée. En effet, nous ne croisons aucun autre touriste, voilà qui est atypique à Siem Reap.

Kampong Kleang 1La vue sur le port et une partie du vilage sur pilotis.

A bord du bateau, Samet nous fait la visite guidée, nous décrit les alentours, nous explique les petites habitudes des Khmers et les anecdotes du coin. Le tour sur le lac dure une heure, on en prend plein les yeux et l'appareil photo. Le co-pilote fait un massage à Yannick, nous grimpons sur le pont, Samet récolte des feuilles comestibles dans les buissons flottants où le bateau s’emmêle ; il nous questionne sur notre voyage, nous raconte sa vie, sa femme, ses deux enfants, le métier pas toujours facile de tuk-tuk, les journées sans trouver de clients, mais le plaisir évident de rencontrer des voyageurs.

IMG_20171223_144821Balade sur le Tonlé Sap avec Samet.

Kampong Kleang 2Côté lac, tout le monde se déplace en bateau, au milieu des prairies flottantes.

IMG_1865Vue sur Kompung Kleang depuis le bateau.

De retour au port, Mr Ramet, qui veut que nous en aillons pour notre argent – et qui s'amuse tout autant que nous, nous propose de faire un tour dans le village, coté terrestre. Nous partons tous les trois à pieds rencontrer les habitants. Les enfants jouent entre les pilotis, les vieux font la sieste ou regarde le temps passer depuis les marches de leur maison, les pêcheurs s'affairent à décharger et peser les prises de la journée. Samet nous explique le mode de vie local, les familles entières qui vivent dans les grandes maisons, la vie des pêcheurs ; fait gouter à Yannick de minuscules crevettes dont lui-même raffole.

village 1Dans les ruelles du village.

village 2      village 3
Des crevettes!

fin de journée 1

fin de journée 2
Retour de pêche.

Nous rentrons à Siem Reap alors que le nuit tombe. Après de nombreux remerciements mutuels, nous nous séparons sur ces beaux souvenirs communs. Samet a même gagné assez d'argent sur ces deux jours pour prendre sa journée du lendemain et s'occuper de sa famille. On est presque fiers de nous !

 

Ciquième et dernier jour : la petite boucle, le cœur d'Angkor

IMG_20171224_075537On aperçoit les sommets d'Angkor Vat de loin.

24 décembre 2017, dernier jour à Siem Reap. Nous finissons en beauté par un tour en vélo sur la petite boucle d'Angkor. C'est là que nous attend Angkor Vat, le plus célèbre des temples d'Angkor.

IMG_20171224_105100Nous partons en pédalant à 7h30. A notre arrivée une heure plus tard, il fait déjà chaud et nous n'avons pas réussit à devancer les cars de Chinois. Nous prenons tout de même le temps de découvrir les détails d'Angkor Vat, ses fresques sculptées, ses piliers décorés, avant de rejoindre Angkor Thom, un complexe de constructions presque aussi fameux.

IMG_1945Angkor Vat vue de derrière (c'est vraiment trop difficile de prendre bonne photo de l'avant avec le soleil et les milliers de touristes).


IMG_1938Des fresques sculptées relatant les guerres légendaires ornent les longs couloirs du temple.
IMG_1947

Il faut bien avouer qu'après deux jours intensifs de visites de temple, on arrive à saturation. Nous parcourons les terrasses d'Angkor Thom un peu superficiellement et filons au Bayon, un temple couvert de visages de bouddha serein sculptés sur toutes les facettes de ses tours.

IMG_20171224_140242Vue du Bayon.

IMG_20171224_133400Cherchez Bouddha(s)!

Nous repartons avant 16h pour éviter la circulation. Le temps de se débarasser de notre sueur et nous concluons notre séjour à Siem Reap par un réveillon mexicain : tacos et Margaritas au restaurant, on ne se refuse rien ! En même temps, pour un total de 15€, on ne va pas se priver.

Après ces petites vacances, il est temps de repartir travailler ! A suivre dans le prochain article ;)

 

 

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04 février 2018

Siem Reap, Angkor et plus encore - 2

On continue la découverte des temples d'Angkor et des aletours de Siem Reap ! Un article détente, avec beaucoup de photos et pas trop de texte.

Troisème jour à Siem Reap : musée des mines anti-personnelles et temples éloignés.

C'est reparti pour un levé aux aurores. Aujourd'hui, c'est Mr Ramet, super chauffeur d'un rutilant tuk-tuk que nous avons démarché la veille, qui nous conduira vers des temples plus éloignés de la région. Les temples d'Angkor s'étendent en effet sur plusieurs centaines de kilomètres-carrés. Il est donc impossible de tout voir en trois jours mais plusieurs perles d'architectures sont accessibles en quelques heures de route. Au programme de la journée, Bantheay Srei, Beng Melea et Ba Kong, pour une boucle de 100 kms qui devrait nous occuper jusqu'à la nuit.

Mr Ramet 3Qu'il est beau, notre Samet, devant son tuk-tuk fait main ;)

Cette fois, nous nous sommes convenablement équipés: manteaux, bonnets, écharpes, capuches, nous sommes parés pour les deux heures de routes cabossées dans la campagne cambodgienne qui nous attendent. Effectivement, pas besoin d'aller bien loin pour changer d'air ; à peine sortis de la ville, on se retrouve vite dans le Cambodge rural et la rase campagne, où champs de riz, cocotiers, cabanes en bâches bordent la route…

tuk-tuk 3       tuk-tuk 4
Si la route est déserte le matin, on croise des ribambelles de petits loups qui reviennent de l'école dès le milieu d'après-midi.

Sur le chemin du premier temple de notre liste se trouve le musée des mines anti-personnel, l'occasion de se plonger pour une heure dans l'Histoire plus contemporaine du pays.
On y trouve des milliers de mines et d'armes ramassées par le fondateur du musée lui-même. Enrôlé comme Khmer rouge quand il était enfant, après que sa famille ait été tuée, il a d'abord posé des centaines de mines sur ordre du régime. Après la chute de ce dernier, il est retourné déminer les endroits où il était passé quelques années plus tôt avant d'aider d'autres villages à se débarrasser de leurs mines. Si le Cambodge est aujourd'hui débarassé d'une bonne partie de ces fléaux, le problème est loin d’être résolu et les victimes encore nombreuses dans les campagnes.

Un peu plus éduqués sur l'Histoire du Cambodge, nous rejoignons Banteay Srei, aussi appelé Lady Temple, le temple des femmes, en raison de ses sculptures d'une finesse telle qu'on soupçonne des femmes de les avoir réalisé. Les nombreux détails joliment conservés sont relevés par la couleur rose de la pierre.

Lady Temple 8Dans les allées étroites du temple...

Lady Temple 2     Lady Temple 7

Lady Temple 1... murs, piliers, frontons, chaque centimètre-carré de pierre est recouvert de sculptures d'une minutie à se damner.

Lady Temple 10Vue d'ensemble de Banteay Srei.


Une autre heure de route à travers la belle campagne cambodgienne
nous emmène ensuite à Beng Melea, un vieux temple dans la jungle littéralement détruit par les arbres.

Beng Melea 10L'une des nombreuses portes de l'allée qui mène à Beng Melea.

Beng Melea 5Les puissantes racines des arbres se frayent aisément un chemin à travers les pierres, n'hésitant pas à les déloger quand elles gènent.

Beng Melea 13

Il est déjà
midi et la foule commence à affluer. Les touristes Chinois passent sans vergogne par dessus les barrières et les mises à distance pour prendre des selfies, ce qui agace prodigieusement Yannick, mais que voulez-vous, ils nous surpassent en nombre et le personnel charger de surveiller le temple ne semble pas réagir.

Beng Melea 9Les lianes ne sont pas en reste quant à l'invasion.

Après le déjeuner, je profite des deux heures de route jusqu'à Ba Kong pour faire une petite sieste, en prenant soins de caler mes rangers de manière à ne pas pouvoir passer malencontreusement par-dessus bord avec les cahots de la route.

Encore des marches et des vieilles pierres, des passages secrets et des éboulis, on s'en lasse sans s'en lasser, la fatigue poussant d'un coté, l'émerveillement de l'autre. Ba Kong est un autre temple tout en hauteur, avec cinq niveaux qu'on peut escalader à loisir pour découvrir ses restes de sculptures et de statues.

Ba Kong 1Yannick et ses Ray Ban,à l'assaut du Ba Kong.

Ba Kong 3

Ba Kong 5Des marches, des portes,des passages secrets, vous commencez à connaître autant que nous maintenant !

Ba Kong 12
Vive les tourelles!

Mr Ramet, qui nous attendait tranquillement sur son tuk-tuk, nous propose de prolonger un peu notre visite et d'aller voir a Preah Ko, un petit temple juste à côté de Ba Kong. Avec plaisir !

Preah Ko4La jolie pierre rose de Preah Ko, dans le calme de la fin de journée.

Preah Ko 6


De r
etour en ville, malgré une journée complète de route chaotique, notre chauffeur fait quelques détours et arrêts pour nous montrer de sympathique endroits de la ville, dont le palais royal et des chauves-souris diurnes frugivores accrochées aux fils électriques.
Mr Ramet aura bien mérité ses 38 dollars !

Mr Ramet 2

 

 

  

02 février 2018

Siem Reap, Angkor et plus encore - 1

Preah Kanh 24


Passage de la frontière terrestre Thaïlande - Cambodge

Le 18 décembre, on décolle. Nous prenons deux jours pour rejoindre notre prochaine étape par la route. Un bus nous emmène de Sakon à Mahasarakam puis un autre jusqu'à Surin, d'où nous rejoignons la frontière cambodgienne le lendemain. Nous traversons la frontière sans nous laisser faire : visa payant, arnaque en vue ! D'après ce que nous avons lu sur internet, le visa coûte 30$ par personne. Le gars derrière son guichet vitré nous demande de payer en bahts thaïlandais (et fait alors payer plus cher), je dis non, on a que dollars. « C'est 35 dollars alors ». « Non, c'est 30 ». Il ne moufte pas et cède devant ma détermination. Nous payons 60 dollars à nous deux et pas un centime de plus. De l'autre côté de la frontière, nous mettons en quête de la station de bus. Des chauffeurs de taxis nous hèlent de tous côtés alors que nous marchons. « Where do you go ? », « you go Siem Reap ? », « 700 baht », « 1000 baht », « very cheap », « good price for you ! ». Imperturbables, nous marchons. C'est sans compté sur les ratés de Mappy, notre logiciel de géolocalisation dur smartphone, qui nous indique une station de bus à 4 km de la frontière qui n'existe pas en vrai. Obligés de faire demi-tour, c'est reparti pour 4 km dans l'autre sens, avec le soleil en face cette fois. Les locaux ne semble pas très enclin à nous aider et plutôt disposés à nous déplumés. Quand nous demandons où trouver le bus pour Siem Reap, on nous propose de nous emmener en voiture pour une somme faramineuse. Le touriste paie apparement bien dans le coin. De retour à la frontière, nous découvrons la ''station de transport''. Un groupe d'homme avec des carnets de tickets se tient assis derrière une petite table. Ils ne parlent évidemment pas anglais et tout est écrit en Khmer. « bus Siem Reap ? » « yes, taxi ». « bus », répèté-je en montrant le dessin d'un bus sur mon pointing book. Les seules réponses que j'obtiens sont « non » et « taxi », qu'ils répètent en boucle jusqu'à me faire craquer. Nous sommes finalement obligés de prendre un des fameux « taxi » jusqu'à Siem Reap. Un des hommes appelle le ''chauffeur'', un type lambda dans une voiture lambda bien content de se faire une telle commission. Leur langage se diversifie alors soudain : pour parler argent, là il savent faire. Je négocie notre trajet pour un tiers du prix proposé – maintenant, je ne me laisse plus faire.

Nous arrivons deux heures plus tard à Siem Reap. Le chauffeur veut nous déposer à l'entrée de la ville ; j'insiste pour qu'il nous conduise au centre – au prix de la course, il peut bien faire quelques kilomètres de plus. Le conducteur n'ayant pas assez de change sur mon gros billet, je lui donne les petites coupures de baht et dollars qu'il nous reste. La quantité de billet le satisfait et nous nous en sortons pour encore moins cher que prévu. On n'aura pas tout perdu !

Nous allons poser nos sacs et retrouvons à nouveau Éloïse qui passe, elle, son dernier jour à Siem Reap. Alors que nous dînons ensemble et elle nous livre tous ses bons conseils pour visiter les coins.

Premier jour à Siem Reap, découverte de la ville et préparation de notre visite d'Angkor.

Nous comprenons vite qu'une visite des temples d'Angkor se prépare à l'avance. La superficie du site, la quantité de touristes et les prix exorbitants nécessitent un peu de recherche préalable si on veut passer un bon moment. Nous consacrons donc notre première journée cambodgienne à l'organisation des jours suivants.

L'hiver bat son plein sous les tropiques et il fait terriblement froid. Aux 30°C de la journée auxquels nous sommes maintenant habitués répondent des 15°C venteux qui nous font grelotter la nuit. La plupart des hôtels n'étant absolument pas équipés pour ces conditions climatiques, nous passons notre première nuit enroulés dans le sac de couchage de Yannick.

Après avoir changé de guesthouse pour une chambre un peu mieux isolée, nous partons à la découverte de Siem Reap.
Chose étonnante au Cambodge, on paye en dollars américains aussi bien qu'en riel, la monnaie locale. Les prix dans les magasins sont affichés en dollars, on retire des dollars aux distributeurs de billets… Toutefois, seuls les billets circulent ; ainsi lorsque vous payez un montant à virgule, on vous rendra la monnaie en riel, voir un peu de chaque, avec une conversion plus ou moins approximative. Beaucoup de vendeurs locaux profitent de cette confusion pour augmenter les prix pour les touristes, et la pratique n'est pas le propre de Siem Reap. Si le système semble très embrouillé, on finit par s'habituer et convertir de tête très rapidement.

En bonne ville touristique, Siem Reap regorge de marchés immenses à tous les coins de rues, ouverts de jour comme de nuit, où les commerçants vendent tous les mêmes souvenirs pour touristes. Les vendeurs y sont particulièrement réactifs et vous hèlent à plusieurs mètres de distance par des « siiiiiire, madaaaaam, you want somethiiiiing » insistants. Pas la peine d'essayer d’être discret ou de passer sans regarder, vous vous déplacerez toujours dans une cacophonie de sollicitations. Il en va de même dans les rues du centre, où les chauffeurs de tuk-tuk veulent tous savoir « where you go ? You want tuk-tuk ? Today ? Tomorrow ? », (où allez-vous, aujourd'hui, demain, vous avez besoin d'un tuk-tuk ?). L'apogée du boucan reste certainement Pub Street, littéralement la rue des pubs, toute illuminée, bruyante, aux prix prohibitifs et quasi-exclusivement fréquentée par les Occidentaux. C'est aussi le meilleur endroit pour aller négocier son tuk-tuk, vous pouvez être sûr qu'on vous sautera dessus dans la seconde. La concurrence est rude pour les chauffeur et vous pourrez en profiter pour négocier à bon prix votre petite virée.

Une fois notre parcours tracé, nous allons le soir y dégoter notre tuk-tuk pour le lendemain. Le site d'Angkor est à 10 km de la ville et les parcours font eux aussi plusieurs dizaines de kilomètres de distance. Préférant ne pas conduire dans les rues encombrées de Siem Reap, nous optons pour l'une de ces calèches contemporaines et négocions pour 15€ notre balade du lendemain.

pub street jour        Pub Street nuit

 

Deuxième jour, la grande boucle d'Angkor.

Le 21 décembre, nous nous levons avant l'aube et retrouvons notre tuk-tuk à 6h30. Il fait vraiment froid ce matin et l'heure de route sans bouger dans un véhicule ouvert aux quatre vent nous congèle littéralement. Le temps de vider notre porte-feuille à l'entrée du site pour acheter deux « pass 3 jours » (128€ à deux, ça fait mal au budget, mais que voulez-vous, la légende se payent à prix fort), nous sommes à 7h30 pétantes devant notre premier temple, évitant ainsi les armées de tours organisés.

Les mythiques temples d'Angkor valent effectivement le détour, cachés au milieu de la forêt, leurs splendides ruines colonisées par les arbres, la mousse et les lianes, qui les magnifient autant qu'ils les détruisent. On s'imprègne de leur atmosphère d'un autre temps dans la fraîcheur de la jungle qui s'éveille sous les rayons du soleil déjà brûlant. Entre les briques et les éboulis, on aperçoit parfois les restes des sculptures murales qui recouvraient jadis l'intégralité des façades, témoins de la magnificence d'antan et de la mégalomanie des souverains successifs de l'empire Khmer.
La nature y depuis longtemps repris ses droits et dévore peu à peu les restes de la puissante civilisation aujourd'hui réduite à néant, comme pour nous rappeler que même les plus grands empires sont finalement peu de chose face à elle.

Preah Kanh de son doux nom, est presque désert à cette heure, nous découvrons en paix son immensité et ses vieilles pierres au son des oiseaux matinaux.

Preah Kanh 1L'entrée de Preah Kanh, le débur de la découverte...

Preah Kanh 26
Nous parcourons ses dédales de couloirs et de portes...

Preah Kanh 14...observons ses freques murales délicatement sculptées...

Preah Kanh 2... pour arriver à sa porte sud, superbement conservée.

On continue la visite dans notre carrosse des temps modernes par Ta Som, un petit bout de ruine avec tout de même une belle porte ornée d'un arbre qui lui a poussé dessus.

Ta Som 1
D'un côté...

Ta Som 5
...de l'autre.

Puis on enchaïne East Mebon, aux remparts ornés d'éléphants, Pre Rup, tout en hauteur, pour finir par Ta Promh, célèbre à cause des arbres qui l'ont envahi de leurs imposantes racines et qui a notamment servi de décor au film Tomb Raider.

East MebonUn petit bout d'East Mebon.

Pre Rup
Le grand Pre Rup.

Ta Promh 1

Ta Promh et ses arbres.

Ta Promh 4

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Tous les temples sont beaux et intéressant, chacun à leur manière. Ils sont pour la plupart bien conservés et le fait de pouvoir les explorer sous toutes les coutures rend la visite encore plus passionnante. Toutefois, on n'apprend pas grand-chose si on ne se paye pas les services d'un guide car il n'y a aucun document explicatif disponible nul part. On s'est dit qu'on se rattrapera avec un bon documentaire d'Arte et qu'on se contenterait d'en prendre plein les yeux.

Partis tôt, nous évitons les Chinois, le cauchemar de tout touriste non-Chinois (c'est pas très gentil mais c'est vrai) et terminons notre première journée de visite à midi. Nous sommes vidés, la têtes pleine de belles images et les jambes en compote à force d'escalader ruines et marches et de se faire secouer dans le tuk-tuk.

Il nous reste trois jours à Siem Reap, et beaucoup de merveilles à découvrir...

 

 

 

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27 janvier 2018

Sakon farm

ferme soir

Le 2 décembre, nous passons la frontière thaïlandaise avec un bus local. Nous sommes les seuls Blancs du bus, parmi les Lao, Thaï, Chinois et quelques Coréens, ce qui nous vaut comme toujours une foule de regards curieux. Le passage de la frontière se fait sans stress et sans arnaque, les citoyens Français bénéficiant de 30 jours de visa gratuit en Thaïlande. Je retrouve avec joie mon pays préféré d'Asie du Sud-Est comme si je ne l'avais jamais quitté et reprend vite mes marques.
Huit heures et deux bus plus tard, nous arrivons à Sakon Nakhon, une ville à l'Est de la Thaïlande, où nous passerons les deux prochaines semaines en wwoofing. Connue pour être un désert touristique, il n'y a rien de particulier à visiter dans cette partie du pays. En contre-partie, on accède à la « vraie » Thaïlande, avec des locaux qui vivent leur vie de locaux et presque aucun autre Gringo aux alentours.

Il est 21 heures quand Erich, notre fermier, vient nous chercher à la station de bus. Ancien écrivain et universitaire, notre hôte Américain, la cinquantaine bien tassée, vit en Thaïlande depuis quinze ans. Sa femme, Cho, est une sublime Thaïlandaise qu'on croirait sortie d'un magazine de mode, avec qui il a deux enfants. Comme beaucoup d'Asiatiques, à 45 ans elle en paraît dix de moins ; toujours mise avec soin, habillée avec goût, coiffée avec élégance, elle jongle sans broncher entre son poste de professeur d'anglais à l'université de Sakon et sa vie de mère et d'épouse. Du matin au soir, elle enchaîne les corvées, s'occupe des enfants, prépare à manger, fait des cookies, s'inquiète de notre confort à la ferme, refait des cookies, nous prépare un tupperware pour le petit-déjeuner du lendemain, sans cesser de sourire, sans jamais s'énerver, avec toujours un mot gentil ou une attention délicate qu'elle distribue sans compter. Leurs deux fils, Kiri et Khrom, 6 et 2 ans respectivement, sont de mignons petits métisses aussi bilingues qu'énergiques. Erich nous confie son soulagement de vivre en Thaïlande, où le coût de la vie leur permet d'employer à plein temps une nounou qui aide Cho avec les enfants et l'entretien de la maison pour une bouchée de pain comparé à l'Occident.

 

La ferme de l'étranger

Installé à Sakon depuis 10 ans, il y a bâtit sa ferme et entamé une nouvelle existence. Il a passé les cinq premières années à en construire l'infrastructure, marres de rétention d'eau, lits de culture, route, plantation d'arbres, principalement à la main. La ferme a seulement commencé à produire ces dernières années. Installée un peu à l'écart de sa maison, elle consiste en potagers sur buttes, un petit champs de riz, deux marres, une cabane à outils où Erich cultive aussi des champignons comestibles, un poulailler et la cabane des wwoofers.

ferme 1Vue du potager depuis notre cabane.

cabane 1La cabane à wwoofers.

La petite maison, pas plus grande qu'une chambre, est certes un peu rudimentaire mais dispose de tout le confort nécessaire. Réticente les premiers jours, je m'habitue vite à cette vie simple, proche de la nature et loin du superflu. Nous avons l'essentiel, un abri en dur, propre, l'électricité, l'eau courante - même s'il faut aller allumer et éteindre la pompe à chaque utilisation. La nourriture est abondante et à portée de main dans le jardin.

cabane 2Petite maison sur pilotis (les innondations sont fréquentes dans le coin), rocket stove pour faire du feu, Yannick, la cabane à outils et à champignons et au premier plan, un papayer.

cabane 3De l'avant vers l'arrière, le rocket stove, Yannick, notre poêle et tout au fond, la douche. Ici, rien ne se perd, on arrose les bambous en même temps qu'on se lave.

cabane 5Sous le porche, nous stockons la paille de riz servant à allumer le feu, le balai et notre bidon d'eau potable, ainsi que tous nos ingrédients de cuisine, hors champs, suspendus dans des sacs plastiques sur le fil à linge pour les préserver des fourmis. A l'intérieur de la cabane, vous pouvez apercevoir nos futons, repliés pour les protéger des crottes de geckos et autres bébêtes.


En échange d'être logés, nourris et blanchis, nous travaillons avec Erich quatre heures par jour, cinq jours par semaine. C'est la seule raison qui nous a fait faire un détour par ce coin reculé de la Thaïlande : enfin une vraie ferme où nous allons faire de la vraie permaculture !
Parmi nos activités, on compte la récolte du riz à la main. Le meunier est juste à coté et nous goûtons le fruit de notre labeur deux jours plus tard. Il faut couper des eucalyptus et fendre du bambou à la machette pour les constructions. Désherber les lits de permaculture, planter, pailler, construire des supports pour haricots. J'asperge aussi régulièrement les champs avec du fertilisant maison à base de micro-organismes fermentés.

ferme 6Yannick en pleine construction des supports à haricots.

Erich parle beaucoup, s'extasie devant ses plantations, sa ferme, son travail et les miracles de la nature. Des dizaines de fois par jour, il nous répète avec exaltation : « isn't that amazing ? Isn't it wonderful ?, it's incredible, ha! » « amazing », « beautiful » (n'est-ce pas merveilleux? C'est fantastique ; incroyable, n'est-ce pas!; magnifique). Il nous raconte la construction de sa ferme, son intégration parmi les voisins du village et nous explique comment fonctionne la permaculture sous les tropiques, l'écosystème sec-humide de Sakon étant très différent de celui de nos pays tempérés.
Il
demande aussi mes conseils d'ingénieure écologue pour améliorer la productivité de sa ferme et notamment de sa maison à champignons. Malheureusement pas très enclin à écouter mes recommandations, il finit toujours par faire à son idée. Je ne m'offusque pas pour autant, cela colle avec le personnage et après tout, c'est sa ferme, il fait ce qu'il veut.

ferme 9Erich au milieu des buttes de permaculture.

Notre petite routine se met en place : levée à 6 heures, je vais nourrir les poules, arroser la nursery de jeunes pousses et vaporiser les champignons en regardant le soleil se lever. Je réveille Yannick à 6h30, qui range les lits et fait le feu. Nous disposons d'un rocket stove, sorte de petit poêle censé facilité le démarrage du feu, qui prend tout de même plus ou moins longtemps à s'allumer selon les jours et le taux d'humidité du petit matin. Au bout de 15 à 30 minutes, on arrive enfin à faire bouillir de l'eau pour le café et les nouilles et, si le feu prend bien, faire cuire des œufs et toaster du pain.

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Yannick, maître du feu (avec moi, je sais pas pourquoi, ça ne prend jamais).


Le petit déj' avalé, nous commençons à travailler vers 7h30 et finissons vers 11h30, quand Erich décide qu'il est l'heure de manger. Nous déjeunons généralement chez lui et restons parfois pour utiliser la connexion internet – car il n'y a pas de wifi à la cabane. Nous avons le reste de la journée libre. Nous retournons généralement chez Erich vers 17 heure pour dîner et discuter.

Comme nous allons vite le découvrir, son côté littéraire est très développé : il parle beaucoup, blablate, déblatère au rythme des épithètes et figures de styles exagérées dont il égaye ses longues tirades. Il s'écoute parler, raconte tout et son contraire. Quand ce sont des sujets que je ne maîtrise pas, je lui laisse le bénéfice du doute ; mais quand il commence un cour de biologie à côté de la plaque, je ne tiens plus en place. Impossible de l'arrêter pourtant, toute interruption est ignorée ou lui sert à rebondir de plus belle pour sortir une ânerie encore plus grosse. Fervent défenseur de Donald Trump et un poil macho sur les bords, son étonnante capacité à monologuer pendant des heures me désarme. Mais bien qu'ayant des opinions très divergentes des nôtres sur de nombreux sujets, Erich n'en reste pas moins fort sympathique la plupart du temps. Il a beaucoup de connaissances en permaculture et certaines de ses histoires sont presque intéressantes. Lui et sa femme sont très généreux, nous nourrissent à outrance, nous emmène même au restaurant.

Parfois nous mangeons à la ferme, quand il y a suffisamment de restes à finir. Le soir, j'installe les lits vers 20h et nous nous endormons vers 21h, au son des cris des geckos et de la musique du voisin qui laisse sa radio allumée toute la nuit pour éloigner les cambrioleurs (???).
Les nuits sont fraîches, voir carrément froides en cette saison, et nos deux couettes ne sont pas de trop. Comprenez bien que comparé aux 35°C de la journée, les 18°C du petit matin sont frisquets et le vent du nord nous fait grelotter. Je finis vite par adorer la petite ferme et sa vie frugale, même si Yannick, lui, a du mal à s'y faire.

Nos après-midis sont plutôt calmes. Il n'y a pas grand-chose à faire à la ferme, alors on apprend à ralentir le rythme, se reposer, ne rien faire au lieu de surfer compulsivement sur le web ou de courir les attractions touristiques. L'ennui et l'isolement nous forcent à trouver d'autres ressources. C'est l'occasion de lire nos livres, faire le point, penser à la suite de notre voyage. J'en profite pour rattraper un peu de mon retard dans mes articles et tracer notre plan de route pour les prochains mois.

cabane 13       cabane 14
Se relaxer, c'est toute un apprentissage.

 
Quand l'isolement se fait trop pesant, nous sortons à Sakon Nakhon. La ville est à 20 km. Ici, pas de bus mais l'équivalent thaï, le songthawk, sorte de pick-up aménagé qui vous ramasse et vous dépose où vous voulez sur sa route. En bon falangs, on ne comprend pas toujours comment ça marche, il n'y a pas d'horaires affichés (bien que les Thaï, eux, arrivent toujours pile au moment où le songthawk passe alors que nous l'attendons parfois quarante minutes), on ne sait jamais s'il en viendra un et on se retrouve souvent le soir obligés de faire du stop parce que plus aucun ne passe. Pourtant, j'adore ce moyen de transport, tellement local, tellement thaï ! Je suis toujours très fière quand on arrive à en attraper un et on arrive en dix minutes au centre ville.

Songthaew_3        songthawk
Un songthawk thaïlandais (source: https://en.wikipedia.org/wiki/Songthaew) et moi dedans.

Dans Sakon, les centre commerciaux, cafés chics, marchés et festivals animent la ville en continue Je me rend compte à présent à quel point la Thaïlande est riche et moderne comparée à ses voisins. Nos déplacements dans la ville sont toujours accompagnés par des « falangs » que je capte dans les conversations des locaux à notre vue. Jamais vu des Thai aussi étonnés de voir des Blancs !

 

Malade un jour, malade toujours

Depuis Ha Thanh, mes semaines sont régulièrement ponctuées d'épisodes de maladie qui me clouent au lit pour un ou deux jours avant de disparaître comme si de rien n'était. Luang Prabang, Vang Vieng, Vientiane et maintenant Sakon, qui ne déroge pas à la la règle. De terribles maux de ventre m’empêchent de bouger pendant parfois plusieurs heures et disparaissent aussi vite qu'ils sont venus. Sans aucun autre symptôme, je sais que ce n'est rien de grave, mais c'est tout de même un peu handicapant à la longue et nerveusement fatigant. Moi qui me réjouissait d'arriver dans un pays plus moderne, je comprends vite que l'option médecin n'est pas envisageable ici non plus. Erich nous raconte que l'un de ses amis, un jeune Américain installé lui aussi en Thaïlande, a eu un accident de scooter il y a quelques mois. Les médecins Thaï lui on diagnostiqué six fractures et lui ont conseillé de retourner en Amérique pour se faire soigner. Arriver dans son pays, on lui a trouvé huit fractures de plus, qui avaient échappées aux médecins Thaï et quelques commotions internes, elles aussi passées entre les mailles. Grands Dieux, si même la Thaïlande n'a pas de bons médecins, je suis perdue ! Je décide donc de laisser la nature faire et prend mon mal en patience.
Cette fois, j'en ai pour toute une semaine ; peut importe ce que je mange, bois ou prend comme médicaments, rien n'y fait. Je finis par laisser tomber le régime riz-coca et me faire plaisir, ce qui semble n'avoir aucun effet, ni positif, ni négatif, sur mes terribles maux de ventre mais a au moins le mérite de me remonter le moral quelques minutes par jour.

 

Phu Phan ferme royale

Mon système digestif enfin remis, nous partons avec Erich pour une journée un peu spéciale. Quand je dis qu'il n'y a rien de particulier à voir à Sakon Nakhon, ce n'est pas tout à fait vrai. Il y a un lieu d’intérêt majeur pour les voyageurs fermiers que nous sommes : la ferme royale de Phu Phan ! Le roi Bhumibol, souverain adoré de son peuple, avait dès les années cinquante pressenti le potentiel de la permaculture et installé à cet effet, sur ses propres fonds, dix fermes pédagogiques aux quatre coins du pays. On trouve justement l'une d'elles à Sakon. Dans cette immense ferme, les Thaïlandais peuvent venir gratuitement recevoir des cours de permaculture sur tout ce qui peut se cultiver ou s'élever en Thaïlande, chercher des semences, acheter à très bas prix des arbustes ou des animaux. Des bourses royales peuvent leur être offertes s'ils acquièrent des buffles d'eau, en voie de disparition dans le pays, ou installent des plantes particulières chez eux.

Nous passons la journée en extase. Erich, qui connaît l'endroit comme sa poche pour y avoir passé de longues heures au début de l'installation de sa ferme, nous fait une visite guidée de l'endroit qu'il ponctue d'anecdotes personnelles. Toutes les échelles de culture sont soutenables et soutenues, du jardinet à l'exploitation vivrière ; les plantes, les animaux sont abordés, présentés, expliqués. Potagers, champignons comestibles, forêts-jardin, aquaculture, élevage d'insectes, de lapins, poules, canards, cochons, vaches, séparés, mélangés, sur quelques mètres carrés ou des hectares entiers, tout ici existe et fonctionne, verdoie, respire la vie et la fraîcheur, pour montrer aux habitants qu'une alternative durable est possible et leur expliquer comment s'y prendre. Des dizaines de cars scolaires traversent l'endroit, les classes en plein air et les professeurs nous saluent quand nous essayons de passer discrètement pour ne pas les déranger. Nous apprenons plein de choses, découvrons des techniques que nous n'aurions même pas imaginé, nous remplissons la tête de bonnes idées. Nous déjeunons sur place, au restaurant 100 % ''locavore'' de Phu Phan avant de rentrer retrouver la chaleur étouffante de la vallée.

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Les petits cochons noirs, race locale, sont élevés avec leur mère. Les grilles sur lesquelles ils marchent sont positionnées au dessus d'une marre, afin que les déjections des cochons viennent nourrir les nombreux poissons qui y vivent. En permaculture, il n'y a pas de déchets, il n'y a que des ressources.

Phu Phan8La permaculture est l'art d'équilibrer les écosystèmes artificiels. Ici, le poulailler est placé dans le verger. Les volailles y paturent en liberté. Elles fertilisent la terre de leur déjections et mangent les insectes potentiellement nuisibles aux arbres, tout en profitant de leur ombre. Du travail en moins pour le cultivateur, du confort en lus pour les oiseaux.

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Au fond à droite, notre fermier Erich ; à l'avant, moi nourrissant les carpes au biberon. Elle sont plus que domestiques!

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Rebelote avec la maison des canards: rien ne se jète. La partie au sec de leur maison, constituée de grilles, est au dessus de la marre, qui collecte les déjection qui nourrirons les poissons. Les canards ont libre accès à l'eau pour nager. On peut faire la même chose avec des poules, en ajoutant simplement un perchoir.

Bon, je vous la fait courtes avec quelques exemples, mais les fermes royales thaïlandaises sont vraiment une mine d'idées et d'informations applicables partout dans le monde. Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à me contacter ;)

 

Un village thaïlandais

Il y a environ dix minutes de marche entre notre cabane et la maison d'Erich. Chacun de nos passages dans les ruelles du village entraîne des « Hello / Sawadee Kha » enthousiastes de la part des habitants. Les villageois sont particulièrement accueillants, ils nous hèlent pour nous inviter à boire des coups, viennent nous causer et nous poser des questions – en thaï bien sûr. Depuis le temps, ils savent que les Blancs qui passent dans le hameau sont les protégés d'Erich qui viennent vivre et travailler à sa ferme pendant quelques semaines. Ils ont même surnommé entre eux l'endroit « falang farm », la ferme de l'étranger.

Autre pilier de notre quotidien, nous passons tous les soirs à la supérette de Tung, le sympathique voisin d'Erich, qui a le double avantage de parler anglais et d’être le mieux fourni du village. Bières, laits de soja et conversations quotidiennes finissent par nous lier d'amitié. Tung est de ces personnes qui vous donnent tout sans compter et pour qui c'est un honneur d'inviter.
Un jour que nous venons lui acheter de la colle pour réparer les rangers de Yannick dont les semelles baillent de tous les cotés, il se met en devoir de les réparer lui-même, avec sa propre colle et ses outils aussi sophistiqués que ceux d'un cordonnier, parce que « celle du magasin, elle n'est pas bien ». Il tient à les garder en observation toute une nuit pour vérifier la qualité de son travail, refuse qu'on le paye et nous invite par-dessus le marché à passer une journée avec lui pour visiter sa ferme, dans un village voisin.

 

La ferme de Tung

Ce samedi 16 décembre, nous avons rendez-vous à 9h au magasin. Il fait ''froid'' ce matin, nous avons sorti les écharpes et Tung son bonnet. Nous montons dans son pick-up et c'est parti !.. pour s’arrêter trois minutes plus tard. Tung fait quelques achats et nous tend en rentrant dans la voiture un petit sachet à chacun, contenant de quoi petit-déjeuner : des fines gaufrettes sucrées au sésame. En bon Thaïlandais, il nous conduit, nous nourrit, s'occupe de nous, nous redonne à manger, nous invite à déjeuner.

Nous faisons un détour par l'école locale où il est enseignant. Il nous explique que cette école est gratuite et accueille surtout les enfants des habitants les moins riches des villages alentours. Dans sa salle de classe, les instruments de musique et de cuisine remplissent l'espace entre les livres et les posters écrits en thaïlandais. Musicien passionné, il a aussi fait installé une salle de musique toute équipée d'instruments au fond de la cour.
Nous reprenons la route et nos gaufrettes pour quelques minutes et arrivons à sa ferme vers 10 heures. Tung nous fait visiter la propriété : à gauche, la maison de son frère, à droite, celle de sa sœur, derrière, celle de son autre sœur. Nous sommes en terre familiale ! Sa maison à lui est une grande maison ouverte traditionnelle, sans murs ainsi que cela se faisait au siècle dernier, qu'il a construit lui-même et habité pendant ses longues années de célibat avant de rencontrer sa femme. Il compte bien, une fois en retraite, revenir s'en occuper à plein temps. Il nous raconte tous ses projets d'aménagement pour le futurs au fur et à mesure que nous traversons le bazar hétéroclite que contient la maison. L'un des cotés ouvre sur une grande marre, en partie arrangée par Erich pour retenir l'eau plus efficacement en saison sèche. Il veut y installer des cabanes flottantes dont les flotteurs seront desbidons en plastique de récup'. Elles constitueront des chambres pour les clients de ce qui sera sa guesthouse. Il a déjà tout ce qu'il faut pour les décorer : meubles, trophées de chasse, cadres, pour l'instant empilés au quatre coin de la maison et faisant office de mur temporaires. La maison principale, un peu débarrassée à cet effet, servira de salle commune, où les clients pourrons à loisir faire la cuisine, peindre, jouer de la musique, bricoler.

Un petit potager propret planté en permaculture, une dépendance au plafond bas, un abri servant d'atelier et une salle de bain en projet complètent la propriété. La visite nous prend une bonne heure, après quoi il est temps de préparer le déjeuner, prendre une tonne de photos ensemble, et rentrer faire la sieste au village. Tung est aussi honorer de notre présence dans son antre que nous d'être invités. Avant de partir, il nous fait promettre de revenir le voir dans quelques années quand son projet sera fini et nous assure que nous avons à présent deux maisons : une en France et une ici, en Thaïlande.

Tung 3*De gauche à droite, Tung, Yannick, moi et l'épouse de Tung.

Une dernière journée de repos et nous plions bagages. Nous quittons Erich à la station de bus, celle-là même où il est venu nous chercher deux semaines plus tôt. Direction plein sud. Nous sautons de ville en ville et de bus en bus pendant deux jours pour rejoindre la frontière cambodgienne. Non loin de là se trouve notre prochaine étape : Siem Reap et les temples d'Angkor...

 

 

 

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10 janvier 2018

Vang Vieng et Vientiane

 

Vang Vieng

Nous retrouvons nos Frenchies le soir de notre arrivée à Vang Vieng pour planifier la suite des événements. La ville est notamment fameuse pour ses activités aquatico-alcolisées, qui ont poussé mes compagnons de voyage à vouloir y faire un arrêt.


      Tubing sur le Mékong

Mais qu'est-ce que c'est quoi donc ? Le tubbing consiste à se servir d'une chambre à air de tracteur comme d'une grosse bouée pour descendre le Mékong en s’arrêtant dans les bars installés sur les rives. Autrefois lieux de débauche pour Occidentaux, une bonne partie des bars est aujourd'hui fermée, après une série de morts par noyade. Il en reste trois qui jalonnent les deux heures de descente fluviale.

tubing
Une petite photo empruntée sur internet pour vous montrer à quoi ça ressembe.
Source: https://www.flickr.com/photos/feserc/3400939697.

Pour ceux d'entre vous qui me connaissent, vous vous douter que patauger dans un fleuve pour aller de bar en bar ne me tente pas vraiment – je suis pas une marrante, moi. Afin de ne léser personne, Yannick et moi faisons un deal : il ira profiter de sa journée de tubbing avec les copains pendant que je m'adonnerai de mon coté à mes activités d'introvertie favorites : lire, écrire et ne parler à personne – le bonheur :D il est vrai qu'après deux semaines de socialisation aussi intense (parler tous les soirs avec des gens, pfffiou!), j'ai bien besoin d'un petit break loin des autres humains :p N'ayant en conséquence pas grand-chose à vous raconter de mon coté, je laisse à parole à notre invité blogueur du jour pour qu'il vous raconte sa journée de tubing.

« Le matin, on va récupérer nos bouées au shop avec Éloïse, Kevin et Léo. Puis un tuk-tuk nous emmène avec d'autres Occidentaux au point de départ. Sur le Mékong, on croise des Chinois qui eux font du kayak. La balade en bouée est sympathique, on se promène les fesses dans l'eau froide au milieu des jolis paysages.
On arrive au premier bar à 50 mètres du point de départ. Léo va faire du volley et Kevin le rejoint peu de temps après pendant qu' Éloïse et moi sirotons plusieurs verres. Vers deux heures de l'aprèm, on décide d'aller au bar suivant. Environ vingt minutes de tubbing plus tard, nous voilà arrivés au second stop. L'ambiance est bizarre ! Tous les Occidentaux se bourrent la gueule là-dedans pendant que quelques Chinois venu du bar de l'autre côté de la rive viennent assister au spectacle. On se croirait dans un zoo dont les Blancs sont les animaux et les Chinois les visiteurs. Avec Kevin, on se dit qu'on a qu'a faire pareil avec eux. On abandonne le bar pour faire une escale de l'autre côté du fleuve où se trouvent le bar des Chinois. Finalement, pas de Chinois, mais des Laotiens qui fêtent un anniversaire en petit comité. Je bois quelques bières avec Kévin puis les Laotiens nous invite à manger avec eux. Trois plats différents, super bonne viande : c'est du singe ! Délicat et gouteux. Ensuite, petite séance de karaoké, où on leur interprète Aux Champs-Elysées et Nicky Larson.
A la nuit tombée, on remarque qu'il n'y a plus personne dans le bar d'en face. On retourne sur nos bouées et c'est parti pour une heure de descente dans le noir. En chemin, on croise quelques pêcheurs et des jeunes Laotiens qui font une soirée entre amis sur le bord du Mékong.
On arrive au dernier stop où une personne de l'agence de bouée nous attend. Il était super inquiet. Il nous ramène au magasin de bouées où le gérant fait un bisou à Kevin tellement il est soulagé de nous revoir. On va chercher Camille et manger une pizza pour finir la journée en beauté. »

     Du fromage de chèvre local ?

A 5 km de la ville se trouve une fabrique de fromage de chèvre. Une vraie fabrique de vrai fromage de chèvre au milieu du Laos. Nous louons des vélos pour aller goûter cette merveille et visiter la chèvrerie. Nous ne sommes pas déçus : le fromage est effectivement très bon et les chèvres, qui logent à quelques mètres de là, sont adorables.

IMG_1174Petite dégustation en terrasse.

IMG_1183Des chèvres...

IMG_1188...toujours des chèvres...


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...encore plus de chèvres!

Nos activités de découverte de Vang Vieng s'arrêtent là. Notez toutefois qu'il y a aussi très jolis coins de montagne, de campagne et de la spéléo.

     En stop… ou pas

Pour rejoindre Vientiane, nous tentons à nouveau le stop, mais cette fois sans succès. Après une heure d'attente et l'heure du déjeuner approchant, nous nous rabattons sur un bus. Trois heures plus tard, nous voilà à Vientiane.

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Vientiane

     Il y a des jours comme ça...

Nous avons réservé pour le soir une guesthouse hors du centre ville, pour sa tranquillité. Malheureusement, le téléphone de Yannick décide de rendre l'âme en cours de route. Le lendemain matin, 28 novembre, Yannick se retrouve cloué au lit pas une quinte de toux et des maux de ventre qui l’empêchent de se lever. C'est alors que je me rends compte que je n'ai plus mon chargeur d'ordinateur, dont la batterie est totalement vide. Nous voilà bien : plus de smartphone, plus d'ordi, plus de Yannick ; plus de carte de la ville, de moyen de communiquer ou de trouver des informations – car vous vous doutez bien que le personnel de l’hôtel ne parle pas anglais du coup je peux me brosser pour avoir un coup de main de leur part. Belle idée de choisir une guesthouse excentrée, l'isolement ajoute encore un peu à mon angoisse.

Là, je dois bien vous avouer que c'est la panique. Je me rends compte à quel point je suis accro à mon ordinateur, complètement dépendante de cette petite machine et combien sa perte, certes temporaire mais pour un temps indéterminé, m'affecte. Je développe littéralement les symptômes du manque.

Je pars seule vers le centre ville à la recherche d'un magasin d'électronique pour acheter un nouveau chargeur pendant que Yannick reste dormir, incapable de bouger. Pleine d'espoir, je pars presque contente à l'aventure « à l'ancienne », sans carte, ni traducteur. J'attrape un tuk-tuk vers ce que j'espère être le bon endroit pour trouver ce que je cherche. Le tuk-tuk ne parle pas anglais non plus, ce serait trop facile sinon et me dépose en face d'un magasin de cartes postales – ça fera l'affaire. On finit par m'envoyer verse un petit magasin d'informatique à 2km de là qui se révélera être mon sauveur – mais ça je ne le sais pas encore. Le propriétaire parle anglais et s'y connaît clairement en informatique. Il n'a pas mon modèle de chargeur en stock mais peut le commander. Quad il m'annonce cinq à dix jours de délai, je crois défaillir : nous partons bien avant ! Mais peut-être que trois jours c'est possible aussi. Voilà qui me fait une belle, jambe, trois à dix jours mais on sait pas trop. Je commande tout de même et repars tourner en rond dans la ville pour trouver d'autres magasins. Je rentre finalement bredouille après trois heures de cavalcade sous la chaleur. A mon retour, la fièvre de Yannick a augmenté, il est presque à 38°C, et mes bouffées d'angoisse reprennent de plus belle. Je finis par être malade aussi et me rends compte pour couronner le tout que notre stock de médicaments est vide. Il y a des jours, comme ça...
Nous nous levons fébrilement vers 20h pour aller chercher un petit en-cas et des médicaments.

Plus tard, Yannick me dira : « pour mon anniversaire, j'ai eu le plus beau de cadeaux… une belle ch*** (censurée par l'auteure) ! ». Je me console en me disant qu'au moins, la journée du lendemain ne pourra pas être pire.


     Vientiane, prise 2

Effectivement, le lendemain, nous nous sentons en un peu meilleure santé et changeons de guesthouse pour nous rapprocher du centre. En chemin, nous achetons un nouveau smartphone dans une boutique où le vedeur parle parfaitement anglais. Il nous fait tous les réglages nécessaires et nous repartons avec un téléphone prêt à l'emploi. Voilà qui va déjà mieux, même si je suis toujours terriblement angoissée par l'absence de mon ordi.

Nous passons la journée à exploer la ville, visitant quelques temples, la black stupa (une stupa abandonnée au milieu d'un rond-point) et tous les magasins d'électronique que nous trouvons.
Au fil de notre promenade, je remaqruqe avec amusmenet que les femmes portent la jupe traditionnelle dans les villages comme à la ville. A Vientiane, elle l'assortissent plutôt à un blazer ou un chemisier qu'à un sac de toile, mais sinon, c'est la même. Nous croisons également de nombreux écoliers aux uniformes impeccables, des lycéens au moment de la remise des diplômes. Je me rappelle les écoles des villages du nord. Dans un pays aux diférences sociales si marquées, tout n'est pas perdu.

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La stupa noire, laissée en décrépitude bien que toujours vénérée par les locaux.

Je ne suis pas de très bonne humeur en me réveillant le lendemain matin, toujours perturbée par notre étt de santé et la perte de mon ordi. Pourtant, la journée va vite se révélée être pleine de bonnes surprises. J'envois en requête pour un wwoofing en Thaïlande, à laquelle je reçois presque immédiatement une réponse positive. Faisant un saut au petit magasin d'informatique pour voir où en est ma commande de chargeur, le vendeur m'annonce qu'il est arrivé ! Je remercie mon sauveur au moins une dizaine de fois et pars brancher ma précieuse machine, infiniment soulagée. Quant à nos intestins, ils semblent s'être bien remis.

     Buddha Park & That Luang

Nous profitons du lendemain pour faire un peu de tourisme. Une heure de bus local coincés entre des étudiants, des moines et un vieux professeur de français Laotien nous emmène au Buddha Park, un grand parc où un moine un peu fou a fait construire dans les années quarante des dizaines de statues en béton gigantesques à l'effigie de dieux bouddhistes et hindous. Le parc se trouve au bord du Mékong et on peut voir la Thaïlande sur l'autre rive.

IMG_1241Un grand boudda coucher nous accueil au début du parcours.

IMG_1251        IMG_20171201_131222
Les statues sont immenses et on peut même rentrer dans l'une d'elles...

IMG_1269... pour accéder à un point de vue sur le parc!

De retour au centre ville, nous marchons jusqu'au That Luang, un gros bâtiment tout doré et symbole national. On peut en visiter l'intérieur - enfin façon de parler, on peut en faire le tour d'un peit peu plus près moyennant quelques euros. Ça ne vaut pas vraiment le coup, ais tant pis, c'set tout de même bien joli.

IMG_1287Le monuent national qui fait la fierté des Laotiens et mal aux yeux les jours ensoleillés.

IMG_20171201_171047En sortant, nous croisons l'équipe tv de Pékin Express qui attend apparemment l'arrivée des candidats!

IMG_1304Encore une bonne heure de marche pour retourner au centre ville, en passant devant le Patuxay, sorte d'arc de triomphe du centre de Vientiane, sous le coucher de soleil.

Le 2 décembre, il est temps pour nous de quitter le Laos pour rejoindre notre ferme thaïlandaise. Pour quelques euros, nous sautons dans un bus local, passons la frontière et rejoingnons Sakon Nakhon, à l'est du pays. Viva le pad thaï et la permaculture, à suivre dans le prochain article!

 

 

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08 janvier 2018

En stop de Luang Prabang à Vang Vieng

Luang_Prabang_Vang_Vieng_view_point_2

Après cinq jours à Luang Prabang, il est temps pour nous de continuer notre route vers le sud. C'est peut-être les vacances, mais je n'oublie pas mon envie de contact local pour autant ; et quoi de mieux que le stop pour se familiariser avec la culture d'un pays ? La seule route praticable connue pour faire du stop au Laos est celle reliant Luang Prabang à Vang Vieng et Vientiane. Ça tombe bien, c'est exactement là qu'on va !

Le 23 novembre, nous décidons donc de tenter la route sans argent jusqu'à Vang Vieng. Prêts à à 8h30, nous marchons 6km pour sortir de la ville. Aucun spot idéal ne se présentant à nous, nous finissons par nous arrêter en bord de route à l'ombre d'un arbre et commençons à secouer la main. Quelques camions passent, un peu de voitures, beaucoup de motos. Les locaux nous regardent bizarrement, certains souriant, d'autres fronçant les sourcils. Au bout d'une bonne demi heure, une voiture s'arrête mais elle a déjà un auto-stoppeur à son bord ( ! ), plus de place pour nous. Nous attendons encore un peu et je passe mentalement en revue nos solutions de repli quand un 4x4 flambant neuf stoppe à quelques mètres de nous. Trois Gringos en sortent en s'excusant : « nous allons à Vang Vieng mais en passant par la route la plus longue car elle est plus belle. Nous sommes désolés, si vous montez avec nous, le trajet sera long. » Voilà qui n'est absolument pas un problème pour nous, nous grimpons avec eux.

Luang_Prabang_vuePremier arrêt: point de vue sur Luang Prabang.

Sergio, Anna et Sonia sont trois adorables Portugais en vacances qui ont loué une voiture pour joindre l'utile à l'agréable et visiter les nombreux et magnifiques points de vue d'une des routes reliant Luang Prabang à Vang Vieng. Le trajet sera long en effet, sept heures de route chaotique, ponctuées cependant de nombreux arrêts et paysages à couper le souffle. On ne pouvait pas mieux tomber : la confortable voiture climatisée nous emmène de merveille en merveille au gré des conversations de nos hôtes, dont l'une est ravie de pratiquer son français.

Luang_Prabang_Vang_Vieng_view_point_1

A mi-chemin, un parking invite à s'arrêter pour découvrir un impressionnant point de vue sur les montagnes du nord.La luminosité et les pics karstiques donnent une impression de Mordor.

Nous trouvons même en chemin un sympathique petit restaurant de bord de route où nous mangeons pour quelques euros.

Luang_Prabang_Vang_Vieng_resto De gauche à droite, Anna, moi, Sergio et Sonia.

Luang_Prabang_Vang_Vieng_resto_vueComme partout sur cette route, la vue autour du restaurant est superbe.

 Alors que la nuit commence à tomber, nous faisons un dernier arrêt près d'une jolie rivière.

Luang_Prabang_Vang_Vieng_pont_2

Luang_Prabang_Vang_Vieng_pont_1

Arrivés à Vang Vieng, ils nous remercient pour notre compagnie et d'avoir partagé avec eux nos histoires – c'est la monde à l'envers, mais une fois de plus la preuve que le stop est une merveilleuse aventure humaine aussi bien pour les conducteurs que pour les conduits !

Nous n'aurons pas rencontré de locaux cette fois mais l'aventure aura comme toujours était extraordinaire. Nous voici donc à Vang Vieng, prêts à… Ah mais non, ça c'est le sujet du prochain article ! ^^

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05 janvier 2018

Magnifique Luang Prabang

Le 19 novembre, nous arrivons à Luang Prabang. Ancienne capitale royale, c'est aujourd'hui un important centre du tourisme au Laos, à la jonction de la rivière Nam Khan et du mythique Mékong. Les locaux ont déserté le centre ville au profit des hôtels, restaurants, centres de massage et magasins de souvenirs pour touristes. Les rues sont remplies d'Occidentaux et de chauffeurs de tuk-tuk. La ville garde néanmoins un charme vraiment à part, avec ses dizaines de temples, ses cafés et boulangeries, ses petites échoppes et il fait bon flâner dans ses rues.

rue

Après avoir exploré quelques rues et toqué à plusieurs portes, nous trouvons finalement une guesthouse jolie et pas chère tout comme on les aime. Une fois libérés de nos gros sacs à dos, nous partons à la découverte de la belle cité.

Wat Xieng Thong

Nous commençons par le plus connu des temples de Luang Prabang, qui passe aussi pour être le plus beau du Laos.

Wat Xien Thong 1Pagodes et stupas en pagailles, leurs dorures et décorations de mosaîques colorées scintillant de mille feux sous le soleil de l'après-midi.

Wat Xien Thong 2Détail d'une façade.

Wat Xien Thong 3Le bâtiment tout doré contenant statues et reliques.

Wat Xien Thong 4Le temple principal.

A quelques pas derrière le temple, un petit parc avec vue sur le Mékong permet de faire une agréable pause en regardant la vie passer.

 

Des temples, encore plus de temples

temple 1

Ils couvrent plus d'un tiers de la surface de la ville. Des dizaines de temples et monastères bouddhistes tous aussi beaux les uns que les autres parsèment toutes les rues de la cité. La plupart sont habités par des moines, qu'on voit vaquer à leurs occupations pendant qu'on visite.

Il y en a pas moins de trois tout près de notre guesthouse. J’établis vite ma routine du soir : à 17h30, je me joins silencieusement aux moines qui chantent ou méditent jusqu'à 18h30 et me rempli des bonnes énergies du temple.

chant 1
La douce lumière du temple à la tombée de la nuit invite à la sérénité.

chant 3Glissons-nous discrètement et silencieusement à l'arrière du temple et écoutons les moines chanter ou partageons leur silence.

chant moines 1.WAV
Un petit extrait audio? Suivez le lien!

 

Le Tak Bat

Aux premières lueurs de l'aube, des centaines de bonzes drapés dans leur robe orange aux plis parfaitement arrangés sortent de leur temple en file indienne pour faire la quête matinale. Hommes et femmes agenouillés devant eux le long des trottoirs placent chacun leur tour dans leur « bat », leur bol servant à collecter l’aumône, une poignée de riz fraîchement cuit. Pour les fidèles, c'est une façon d'élever leur âme à travers un acte de générosité. Pour les moines, c'est l'occasion de méditer sur leur vœu de pauvreté. Les offrandes constitueront d'ailleurs leur seule nourriture de la journée.

La cérémonie du Tak Bat est une tradition qui a lieu dans tout le Laos mais qui est particulièrement impressionnante à Luang Prabang en raison du nombre de moines qui y vit. Elle est tellement populaire qu'ils reçoivent plus de dons que leurs besoins et redistribuent l'excédant aux plus pauvres.

La fameuse procession attire aussi beaucoup de touristes qui malheureusement en ruine souvent la paix. On n'y a pas été mais la rue principale est apparemment envahie de Chinois qui arrivent en mini-van et s'approchent très près des moines pour les photographier en pleine figure avec flash. Nous sommes pour notre part restés dans notre petite rue, où les touristes Occidentaux étaient déjà difficilement supportables, talonnant de près leurs homologues Chinois en matière de photo dérangeante. Les moines restent cependant imperturbables. Un peu gênés par l'attitude de nos concitoyens, nous nous asseyons dans un petit coin et nous faisons aussi discrets que possible. A 6h30, les derniers bonzes rentrent dans le temple et tout le monde rentre chez soi après ce méditatif début de journée.

Tak Bat 2Les plus anciens et expérimentés ouvrent la marche.

Tak Bat 1Les fidèles se tiennent à genoux car il est impoli de se tenir plus haut que les moines.

 
Le point de vue

Moyennent quelques euros, vous pourrez monter une grande volée de marches pour accéder à une stupa et un point de vue qui domine la ville à 360°. Nous n'avons pas trouvé la vue ahurissante mais c'est une chouette balade. Au pied du petit mont se trouve un des plus vieux temples de Luang Prabang, presque toujours vide et dans lequel on peut donc faire une petite pause méditative et reposante.


Le night market

Autre attraction incontournable de la ville, le marché nocturne d'artisanat a été l'un de mes endroits préférés. Les rues perpendiculaires sont remplie de stand de ''street food'' avec de magnifiques brochettes de toutes les viandes imaginables et des buffets en self-service. Dans la rue principale, les stands de produits fait main s'alignent créant dans des camaïeux de couleurs enchanteurs.

night market 1

night market 2

night market 3

 

Le morning market

Le lieu idéal pour un petit déjeuner frais, local et pas cher. Le marché matinal ouvre et ferme ses échoppes fort tôt, mais vaut le détour. On y trouve toutes sortes de nourritures, prêtes à consommer ou encore vivantes : serpents, hamsters, écureils, grenouilles vous attende dans leurs paniers pour une fraîcheur inégalable/ Mmmmh...

 

Les chutes d'eau

Luang Prabang est aussi connue pour les nombreuses chutes d'eau qui l'entourent. Les plus fameuses sont celles de Khuang Si et Tad Se. Nous les visitons toutes deux avec nos compères Français. Après un petit déj' matinal au morning market, nous négocions un tuk-tuk à 18pour cinq et partons à Kuang Si avant 9h, afin d'éviter la foule de touristes. Bon calcul : une heure de route défoncée plus tard, nous arrivons dans ce petit paradis aquatique : les eaux bleues turquoises s'écoulent au milieu de la forêt, entre les racines des arbres, formant des piscines naturelles aux allures féeriques. En remontant le courant, nous trouvons la grande chute d'eau de 60 mètres qui alimente tous ces bassins

Kuang Si 3Trempette dans l'eau glacée.

Kuang Si 2Exploration vivifiante des cascades, avec ses litres d'eau minérale qui vous tombe sur la tête !

Kuang Si 1
Eloise, moi et Yannick devant la grande chute.

Deux jours plus tard, on remet ça avec Éloïse aux chutes de Tad Se. Cette fois, pas de chute de 60 mètres mais une randonnée dans la jungle en tongs, pas prévue et plutôt casse-gueule ! Et au final, une baignade presque seuls dans les bassins glacés du sous-bois. La disposition des rochers et une petite échelle permettent d'explorer les chutes du dessus et de profiter d'un massage des pieds gratuit !

Tad Se 1

 

Les soirées avec les copains à profiter des restaurants et bars

Ville dédiée au tourisme par excellence, Luang Prabang déborde de restaurants de tous styles pour tous les prix. Avec Eloise, Léo et Kévin, nous prenons soin d'en tester un différent tous les jours et nous régalons de plats locaux comme de cuisine française ou italienne voire de mélanges des deux. Quelques bars sympa permettent de prendre de sympathiques apéros le soir, et les jolis cafés à la parisiennes offrent d'excellents goûters.

Luang Prabang aura certainement été ma destination préférée du Laos avec Muang Ngoi. L'ambiance de la ville m'aura enchantée, avec tous ces temples, ses jolies rues animées tout en restant calmes et agréables.
Dans le prochain article, nous continuons vers le sud, avec une étape dans la plus animée Vang Vieng puis la capitale Vientiane !

 

03 janvier 2018

En descendant le long du fleuve

Notre voyage au Laos sera un peu différent des autres : en effet, pas de volontariat pour nous cette fois. Il n'y a pas beaucoup d'offres au Laos et nos deux Workaway au Vietnam nous ont passablement épuisés, aussi prenons-nous littéralement des vacances.

 

Suivant le cours de la rivière Nam Ou

Après notre passionnant trek dans les montagnes laotiennes, nous prenons la direction de Muang Ngoi, un joli village accessible uniquement par bateau. Nous quittons Muang Khua le 15 novembre et embarquons avec tous les copains Français rencontrés à l'auberge.

IMG_0969Vous excuserez le cadrage, ça tanguait un peu.

Pour 10€ par personne (le Laos est ''cher'' comparé au reste de l'Asie du Sud), on prend place dans une sorte de pirogue à moteur somme toute rudimentaire. Nos bagages sont entassés à l'arrière, à ciel ouvert et sans aucune fixation, ce qui ne manque pas de tous nous inquiéter, vu l'équilibre précaire du bateau. Nous nous serrons les uns à côté des autres sur deux minces planches de bois servant de siège en encastrant nos grandes jambes d'Européens le mieux possible. L'horaire de départ indiqué est 9h30 mais nous patientons jusqu'à 10h20 pour partir parce que… et bien parce que c'est l'Asie, hein. Bien qu'inconfortable, le bateau est beaucoup plus agréable qu'un bus. Nous glissons sur l'eau au milieu des montagnes karstiques recouvertes de jungle. Le voyage est méditatif, tout le monde est absorbé par le paysage.

MN1

 

Muang Ngoy

muang-ngoi-main-streetLa rue principale de Muang Ngoi.
Source: https://jonistravelling.com/muang-ngoi-idyllic-village-in-northern-laos/

Nous accostons à Muang Ngoy trois heures plus tard, fesses et jambes un peu endolories mais sacs sains et saufs. Le temps de poser nos bagages dans un joli bungalow pas cher avec vue sur la rivière et nous allons déjeuner avec Kevin, un des Français rencontré la veille. La cuisine locale est vraiment délicieuse. Yannick et Kevin testent le lap, plat typiquement laotien où la viande est émincée très finement et généreusement parfumée d'ail et de coriandre. Je ne suis pas en reste, avec des plats végétariens raffinés à la pelle. Après un mois de tofu poêlé, épinards bouillis et riz blanc à tous les repas, nos papilles sont ravies.

MN2La vue depuis notre terrasse.

Muang Ngoi est un adorable petit village qui consiste en une rue principale remplie de guesthouses et restaurants pour touristes Occidentaux et quelques petites rues perpendiculaires. Encore sans eau courante ni électricité il y a trois ans, il est aujourd'hui équipé tout confort et reste cependant une destination peu chère et authentique.

On trouve à un bout de la rue un temple bouddhiste habité par quelques moines, qui ont peint eux-mêmes les fresques relatant la vie de Bouddha sur les murs intérieurs de leur temple. En sortant par l'arrière, on rejoint l'allée qui mène au point de vue qui domine le village. Il vous en coûtera 1€ par personne pour emprunter le ''chemin'' dangereusement accidenté qui mène au sommet. Vous croiserez aussi deux grottes, dont l'une est immense : munissez-vous d'une bonne lampe de poche et partez explorer les 500 mètres de corridors de plusieurs mètres de haut aménagés par les forces de la nature, où l'obscurité et le silence sont total (ce dont vous ne profiterez pas souvent au Laos, croyez-moi). Des treks en autonomie sont aussi proposé aux alentours mais on passe notre tour pour cette fois. Malheureusement je n'ai pas de photos à vous montrer car nous avons fait le reportage avec le smartphone de Yannick qui a rendu l'âme peu de temps après ; tout est donc malheureusement perdu.

Le soir, nous retrouvons Kevin, Léo et Éloïse, nos trois compères dont vous entendrez parler dans tous les articles du Laos, car nous tracerons toute la route vers le sud ensemble. Notre petite routine s'installe rapidement : un petit verre dans un bar sympa puis nous allons dîner au restaurant et passons la soirée à flâner, discuter ou jouer.

Bars, restaurants, hôtels, attractions touristiques ne coûtent pas grand chose ici comparé à l'Europe, aussi notre budget peut-il supporter ces petites vacances. A raison de 2€ pour un plat laotien au restaurant, 7€ pour une pizza, entre 5€ et 10€ pour une chambre double dans un hôtel propre, 1€ la bière, de même pour les smoothies aux fruits frais, il y a de quoi se faire plaisir sans se ruiner.

 

Nong Khiaw

Après deux jours passés à Muang Ngoy, nous continuons notre route le long du fleuve.
Le 17 novembre au matin, Kevin, Yannick et moi et sautons dans le bateau pour Nong Kiew. Léo et Éloïse sont partis profiter du trek local et nous rejoindrons le sur-lendemain. Nous retrouvons le groupe de cinq copains Français à bord.
Sur la jetée, que des Blancs. Nous sommes nombreux à vouloir embarquer et les pirogues à moteur se remplissent d'eau par tous leur interstices. Serrés comme des sardines, nous essayons de ne pas trop bouger pour maintenir l'équilibre précaire du bateau. Lorsque nous accostons une heure plus tard à Nong Khiaw, le fond de la barque s'est rempli d'eau. Nous avons les pieds qui trempent et certains bagages à l'arrière, dont celui de Yannick, ont eu le temps de mariner dans l'eau du Nam Ou.

Plus grand, moins charmant, Nong Khiaw propose les mêmes activités touristiques que tous les patelins précédents : point de vue, treks dans les villages, vue sur la rivière. Pour notre part, nous y passons deux jours à nous reposer : grasse mat', sieste, lecture, internet, bon temps avec les copains remplissant nos journées. Je vous l'avais dit, cette fois, c'est les vacances pour nous.

Léo et Éloïse nous ont rejoint et avec Kevin et les cinq copains Français du bateau, nous nous mettons d'accord pour partager un mini-van privé à moindre coût jusqu'à notre prochaine destination. Trois heures de route nous amène à la belle ville de Luang Prabang, que je vous présenterai dans le prochain article. Vous allez en prendre plein les yeux !

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Bonne Année !!

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Du temps

En voyage à long terme, le temps passe différemment. Les dates n'ont pas la même importance, les jours ne passent pas à la même vitesse, les journée ne sont pas remplies de la même manière. Le 25 ou le 31 décembre ont la même importance que n'importe quel autre date et c'est tant mieux, c'est un carcan de plus qui saute, une liberté supplémentaire ; la contrainte latente de « faire la fête », de passer une soirée « spéciale », de manger ceci ou de boire cela est encore plus facilement négligeable. Voilà ce qui me plaît le plus en voyage, ne pas avoir d'obligation sociale dictée par un un calendrier, une tradition ou une tierce personne.

Notre nouvel an aura été un jour de volontariat comme un autre, et nous ne nous gênerons pas pour fêter rien de spécial n'importe quel autre jour parce qu'on a retrouver de vieux compagnons ou juste parce qu'on en a envie.

Ne laissez rien ni personne dicter ou entraver vos envies, faites vous plaisir, prenez soin de vous et passez une très bonne année 2018, si tant est que le changement d'année soit d'une quelconque importance pour vous.

Meilleurs vœux, merveilleuse année et tout le bonheur possible :D

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