Pattepackers: à pattes autour du monde

16 avril 2018

Okinawa - 1

Naha, 8 heure du matin. Nous venons d'atterrir sur l'île d'Okinawa, à l'extrême sud de l'archipel nippon. Nous sortons de l'avion fatigués mais heureux. L'air frais du Japon, les embruns, le paysage insulaire nous font oublier notre nuit blanche l'espace d'un instant.

 

My job is to check !

Sur notre petit nuage, portés par notre somnolence, nous avions cependant oublié où nous mettions les pieds : le Japon n'est pas l'Asie du Sud ! Ici il y a des règles et on les respecte avec zèle.
Première embrouille au guichet des passeports. Un agent en uniforme impeccable nous demande notre billet de retour. Bien évidemment, nous n'en avons pas.
          - Combien de temps comptez-vous rester ? »,
          - Environ deux mois.
          - Et vous n'avez pas de billet de sortie du territoire ??
Comprenant le problème, je la joue diplomate :
          - Les billets d'avions sont moins chers quand on les achète au dernier moment, nous sommes désolés qui cela soit problématique.
          - Donnez-moi votre emploi du temps dans ce cas.
          - Notre emploi du temps ?
          - Oui, votre planning ! Vos réservation d'hôtel, de train, votre itinéraire…
Grands dieux, mais de quoi parle-t-il ?
          - Vous comprenez, si vous causez des problèmes, il faut que je puisse vous retrouver. My job is to check ! [Mon travail est de vérifier].
Comment avions-nous pu oublié cette folie du contrôle de nos amis nippons ? Je sais bien qu'il finira par nous laisser passer mais la fatigue commence a prendre le dessus et j'ai hâte qu'il nous lâche les baskets.
          - Tout est sur mon ordinateur, je n'ai pas pensé à l'imprimer, mens-je.
          - Vous n'avez aucune trace écrite de votre emploi du temps ou de votre départ à me fournir ? But my job is to check !
Panique dans l'engrenage.
          - Attendez, je peux vous dire où nous allons si vous voulez.
Je commence alors à lui énumérer tous les noms de villes japonaises qui me passent par la tête, n'ayant en réalité rien organisé au-delà du lendemain matin, jusqu'à ce que, voyant les derniers passagers quitter les guichets, il finisse par nous annoncer que « ça passe pour cette fois » et nous laisser finalement avancer. Ouf !

Un peu sonnés, nous allons récupérer nos sacs, notre visa de trois mois en poche. Malgré mes quatre requêtes, nous n'avons eu aucun retour pour un éventuel wwoofing sur Okinawa et avons donc opté pour un hôtel pour la première nuit. Les prix nous font grimacer – fini les chambres à 5€ ! – mais nous nous consolons en pensant au délice de la propreté japonaise.

Arrivés à l'hôtel, la jeune employée, qui ne parle pas un mot d'anglais,a un mal de chien à nous trouver sur sa liste. Alors qu'elle me demande pour la quatrième fois si j'ai une réservation, je commence à perdre patience. Après un bon quart d'heure de prise de tête et l'intervention de son supérieur, elle finit par retrouver notre nom, pourtant surligné en jaune sur sa feuille et nous annonce… qu'il nous faut attendre 16h pour accéder à la chambre. Encore une fois, nos habitudes sud-asiatiques rencontrent la froideur japonaise avec brutalité. Ici, l'heure c'est l'heure et on ne s'enregistre pas en avance.

Nous laissons nos sacs à dos et partons nous promener dans Naha. Heureusement, il fait beau. Nous flânons dans la rue commerçante, dévorons des ramens pour le déjeuner, parcourons quelques magasin, jusqu'à ce que la fatigue nous rattrape. Nous allons nous asseoir à un café, Yannick s'endort sur la table et je me fais violence pour ne pas me laisser aller moi aussi. Enfin 16 heures arrivent, nos transitons jusqu'à notre chambre pour nous écrouler sur le lit.

Je me réveille quelques heures plus tard pour m'atteler à l'organisation du lendemain. Beaucoup trop confiants, nous avons réservé seulement une nuit. Problème : à présent, tout est plein pour le lendemain ! Les quelques chambres encore disponibles sont hors de prix. Trop rude pour moi, je m’effondre et laisse Yannick trouver une solution. Suivant son instinct, il nous dégote une guesthouse sur la petite île de Tokashiki et planifie le séjour qui va avec. Enfin nous pouvons nous endormir, le cœur léger.

Tokashiki

Le lendemain, après un petit tour à l'office du tourisme, nous marchons jusqu'au ferry. Une heure plus tard, nous sommes à Tokashiki. Nous filons à la guesthouse pour une soirée tranquille. Nous y rencontrons Laureen, une adorable Québécoise volontaire dans l'hôtel. Elle nous parle des plages alentours et des excellents spots de plongés. Nous sommes en mars et il fait encore froid mais au moins, on évite les touristes et si on ne craint pas les températures basses, c'est l'idéal.
Nous passons la soirée à planifier et réserver nos guesthouses pour les jours suivants, un peu traumatisés par la veille.

Confortablement installés sur nos futons dans la chambre en tatamis, nous récupérons de notre manque de sommeil. Le lendemain matin nous croisons Laureen alors qu'elle s'apprête à partir pour la plage. Le propriétaire de l'hôtel, qui a proposé de la déposer, nous invite à profiter du voyage. Nous louons masques, tubas, palmes et combinaisons en chemin et courons à la plage déserte nous jeter dans l'eau froide.

Yannick et Laureen sont déjà loin quand je me décide enfin à mettre la tête dans l'eau, comme toujours tétanisée par cette immense étendue de liquide non respirable qu'est la mer. Les souvenirs de Koh Kong m'aident à surpasser ma panique et je plonge. J'en ai la respiration coupée, pas seulement à cause du froid et de la peur : ce que je vois surpasse toutes mes attentes. L'eau est d'une transparence absolue, on y voit sur des mètres de distance. La variété et la taille de coraux, la quantité de poissons, le nombre d'espèces me font tourner la tête. La biologiste prend le dessus sur le reste. La combinaison aidant à flotter, je me détends et nage vers le large.

corals
Je perds la notion du temps dans l'étendue bleue silencieuse jusqu'à ce que mes jambes engourdies me rappellent à la réalité. Une pause s'impose. Yannick et Laureen ont la même idée. Nous mettons un moment à rejoindre le bord et nous étalons sur le sable. Malgré la fatigue, Laureen et moi retournons dans l'eau après un petit repos : depuis deux semaines qu'elle est là, elle n'a toujours pas vu les fameuses tortues marines censées visiter les plages en cette saison. Mais aujourd'hui, la chance tourne : à peine entrées dans l'eau, Laureen me fait signe vigoureusement : une tortue !! Énorme, calme, magnifique. Elle nous ignore superbement, fouillant le sable avec nonchalance, se laissant aller au gré du courant, agitant de temps à autre ses puissances nageoires qui lui donnent l'air de voler sous l'eau. Les minutes défilent et nous restons, immobiles, fascinées par ce spectacle, à observer la tortue.

sea turtle_gopro_1  sea turtle_gopro_2

Une fois encore, nos corps nous rappellent à la réalité : l'eau est vraiment trop froide, il faut sortir. Alors que nous retirons nos combinaison, un orage nous passe dessus. Nous avons une demi-heure à marcher pour rejoindre la guesthouse. Yannick et moi ronchonnons un peu intérieurement mais Laureen philosophe : après tout, la pluie n'a jamais tué personne ; et puis on est déjà mouillés de toute façon.

Nous arrivons dégoulinants et redécouvrons les plaisirs simples de la vie : une douche chaude quand on a froid, c'est le bonheur absolu.

Naha

Le dimanche, une tempête s'annonce, la plupart des ferry sont supprimés. Nous attrapons le seul de la journée pour retourner à Naha. Le bateau chaloupe avec vigueur sous les bourrasques et sur les vagues. N'y tenant plus, je sors sur le pont. Les hautes vagues retournent l'eau claire, la décomposant en dégradé de bleus : pâle écume tourbillonnant sur les crêtes bleu lagon des vagues au corps bleu profond, indifférente au ciel et ses camaïeux de gris. La houle et les embruns s’emmêlent dans mes cheveux, imbibent mon manteau ; le bateau se soulève, escalade les vagues, retombe dans les creux de la mer, le soleil irradie à travers les nuages ; quel bonheur de sentir la force des éléments !

Nous accostons à Naha et marchons vers le centre-ville. C'est alors que nous tombons sur un extraordinaire spectacle de rue. Un groupe de petits jeunes, moyenne d'âge collège-lycée, exécutent des danses traditionnelles d'Okinawa, costumes et percussions à l'appui. Ils virevoltent sur le bitume, sautent, sifflent, scandent, frappent leurs tambours en les faisant tourbillonner dans une synchronisation parfaite. On lit sur leur visage et dans chacun de leurs mouvements le plaisir qu'ils prennent à exécuter leurs cambrioles et nous en mettre plein des yeux. Je suis totalement happée ; un grand cercle s'est formé autour d'eaux et les spectateurs suivent avec enthousiasme la représentation.

 danse_Okinawa1    danse_Okinawa2

danse_Okinawa_shisaDeux des danseurs les plus âgés se transforment un moment en shisa, un esprit bienveillant mi-lion, mi-chien originaire d'Okinawa.

Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer un petit extraitvidéo; suivez le lien!
[https://youtu.be/e1BOG17pzRc]

Les jours suivants, nous prenons le temps de visiter la ville. Le joli parc de Naha nous accueille avec ses cerisiers en fleurs.

IMG_2540

IMG_20180212_170543
IMG_20180212_171002

IMG_20180212_174659

C'est aussi la saison de reproduction des baleines à bosse, qui interrompent leur migration pour passer trois mois à Okinawa. Nous réservons un tour pour aller les voir. Ce n'est vraiment pas donné mais nous espérons en avoir pour notre argent.

L'organisation de l'excursion laisse franchement à désirer, on manque de nous perdre, nous sommes entassés avec des dizaines Chinois sur un petit hors-bord, la guide ne parle pas anglais. Au moindre signalement de baleine, le bateau se met littéralement en chasse, rejoint pas trois, quatre, six puis huit autres bateaux de tourisme, qui ne font que fuir les baleines plus loin. Voilà au moins une chose qui ne change pas de l'Asie du Sud : le touriste passe avant tout.

Nous voyons tout de même quelques jolis saut des grands mammifères – trop rapides cependant pour mon appareil photo. Les hautes vagues secouent l'embarcation, sensations fortes garanties. Un petit Chinois, qui n'a pas vraiment le pied marin, rend son déjeuner. Ça fait cher le vomi, me glisse Yannick, déclenchant un fou rire entre nous.

De retour sur la terre ferme, nous nous retirons dans notre guesthouse. Au programme de la soirée : rien. C'est sans compter sur un ninja-pirate qui ne va pas tarder à transformer notre voyage…

 

 

Posté par pattepackers à 18:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,


27 mars 2018

Le nord de la Thaïlande

 IMG_20180205_125956

Le cœur un peu serré, nous quittons Fasaai après deux semaines ressourçantes pour aller visiter le nord de la Thaïlande, réputé pour être l'une des plus belles parties du pays, que nous n'avions jusque là pas eu le temps de voir. Premier arrêt, Ayutthaya, ville historique au-dessus de Bangkok. La distance est trop grande pour être abattue en une journée de stop. Nous prenons le bus, qui serra plus économique qu'une potentielle nuit d’hôtel.

Ayutthaya

Ayutthaya est connue pour ses ruines de temples, c'est donc tout naturellement que nous prenons soin d'en visiter plusieurs. Toutefois, après les ruines d'Angkor, l'effet est moindre à nos yeux. Trop de temples tue la magie ! Nous profitons tout de même d'un joli tour en bateau pour aller voir quelques ruines plus éloignées.

IMG_20180126_131243
Dans le centre, on trouve la tête d'une statue de Bouddha enveloppée dans les racines d'un arbre.

IMG_20180126_131440
IMG_20180126_132118
IMG_20180127_173343

Ballade sur la rivière et couché de soleil.



Chiang Mai

Le 28 janvier, nous continuons notre route vers le nord et prenons le train de jour jusqu'à Chiang Mai, la deuxième plus importante ville de Thaïlande. Le trajet dure dix heures mais je veux absolument le faire : les paysages de montagnes verdoyantes ne manquent pas à leur réputation ! Bien que le billet ne coûte que 20€, le train est tout confort, les repas, en-cas et boissons sont même inclus.

Nous passons cinq jours à Chiang Mai, dans une exquise guesthouse.
Comme à notre habitude, nous sillonnons la ville à pieds, marchant un peu au hasard à travers les ruelles et les avenues. C'est ainsi que nous trouvons un superbe marché de street food près de notre auberge et découvrons les mets locaux. Yannick y goûte le crocodile et nous découvrons ensemble le khao soy, un plat typique du nord de la Thaïlande. Moi qui pensais mes papilles définitivement acquises au pad thai, je lui découvre un concurrent sérieux dans la spécialité du nord, une soupe au lait de coco relevé de curry thaï où baignent d'épaisses nouilles – tout ce que j'aime réunit dans un seul plat végétarien.

IMG_2443       IMG_2445
Brochette de crocodile et khao soy au marché de nuit.

En journée, nous optons, à ma demande, pour les jolis cafés de la ville, qui bien que chers pour la Thaïlande, restent super abordable pour notre porte-feuille européen.

Nous visitons quelques uns des nombreux temples du carré historique, le scintillant Wat Chiang Man, l'imposant Wat Chedi Luang et le délicat Temple d'argent.

IMG_20180130_174926Le Temple d'argent, un temple... tout en argent, comme son nom l'indique.

IMG_20180130_171225       IMG_20180130_154657
Dans certains temples, la salle d'ordination est interdite d'accès aux femmes, considérées comme impures...
A gauche, l'entrée du temple d'argent; à droite, l'intérieur de la salle d'ordination du Wat Chedi Luang - merci Yannick pour la photo!


Le troisième jour, nous sortons un peu de la ville pour aller voir le Wat That Doi Suthep, un des temple les plus sacrés de la Thaïlande se trouvant au nord de la ville. Érigé au sommet d'une colline, il est tout aussi doré et impressionnant que ses confrères les plus renommés. Nous quittons cependant bien vite la foule pour prendre un petit chemin à travers la jungle et arriver au discret Wat Palat, beau temple tout calme caché dans la forêt près d'une chute d'eau. Seuls quelques Occidentaux s'y baladent tranquillement ou observent la vue assis sur les pierres qui bordent le ruisseau – le coin semble un peu secret.

IMG_20180201_141438

Les jolis piliers sculptés de la terrasse du Doi Suthep.

IMG_20180201_144301Un moine en train de bénir les fidèles dans l'une des chapelles.

IMG_20180201_161815En descendant quelques kilomètres par un petit chemin, on découvre un ruisseau...

IMG_20180201_163307...qui mène au Wat Palat.

IMG_20180201_163117
... ses pagodes moussues...

IMG_20180201_163640... sa vue sur Chiang Mai!


L'immense Night bazaar, un marché de nuit qui s'étend sur des km de rues, vaut également le détour et nous nous y reprenons à plusieurs fois pour le parcourir en entier.
Nous avons également la grande chance de voir l'éclipse lunaire du 31 janvier, qui fait rougir et disparaître la seconde pleine lune du mois pendant plusieurs heures.

Grande ville oblige, plusieurs bars proposent régulièrement des concerts de musique live. C'est ainsi que nous nous retrouvons à siroter un verre devant l'excellent Boy Blues Band, le groupe du propriétaire du Boy Blues Bar.

IMG_20180202_231759Le Boy Blues Band en pleine action.

Le matin du 3 février, nous marchons innocemment les quatre kilomètres qui nous séparent de la station de bus sans nous imaginer la galère qui nous attend. En effet, tous les bus pour Chiang Rai sont pleins. Un peu pris de court, nous tentons de faire du stop. Une heure  à secouer la main sous le soleil ne nous font pas avancer d'un centimètre. Nous retournons à la station et Yannick, avec son charme de grand blond, nous dégote finalement deux places dans le bus de 18h30 auprès d'une conciliante petite dame. Huit heures plus tard, nous voilà à Chiang Rai.


Chiang Rai

Nous passons nos derniers jours en Thaïlande à découvrir la petite ville.
Outre ses attractions les plus connues, nous tombons sur un ''Cat Café'', sorte de salon de thé où l'on peut déguster son café en papouillant des chats. Le concept est importé du Japon et implanté en Europe depuis plusieurs années, mais les prix appliqués dans ces pays sont généralement prohibitifs. Cependant, nous sommes en Thaïlande, pays magique où tout devient accessible à nos petites bourses ; aussi ne nous gênons nous pas pour aller goûter quelques douceurs en compagnies de ces mignons félins.

IMG_20180204_220503Un chat très intéressé par le matcha...

IMG_20180204_222201Paradis félin.


Nous ne tardons pas à nous organiser une petite virée au fameux Temple Blanc, l'incontournable de Chiang Rai. Commencé dans les années 90, le temple tout de blanc vêtu et incrusté de morceaux de miroirs, est encore en cour de décoration. Le bâtiment principal est cependant terminé et vaut sacrément le détour. Surchargé de sculptures et d'ornement, il scintille sous le soleil. Des représentations sculptées de l'enfer vous accueillent à l'entrée, à la fois réalistes et fantasques, contemporaines et traditionnelles. L'intérieur est tout aussi original, peint sur fond d'or, décoré de thèmes traditionnel agrémentés de personnages de fantaisie ça et là. C'est ainsi qu'on retrouve Bat Man et Sailor Moon au cotés de Bouddha, tout en couleur et psychédélique, fin, beau, étonnant. Les photos y sont malheureusement interdites à l'intérieur.

IMG_20180205_131130Vue du magnifique Temple Blanc.

IMG_20180205_131801Les damnés sculptés vous accueillent à l'entrée.

Nous faisons ensuite un détour au superbe Temple Bleu, tout aussi magnifique bien que pas très connu et découvrons ses scintillantes peintures bleues et sa douce atmosphère.

IMG_20180205_150022Petite vue de l'intérieur...

IMG_20180205_152940... et de l'extérieur, porte avant...

IMG_20180205_152415... et porte arrière.

Le dernier jour, nous nous offrons finalement un incontournable que nous n'avions jamais essayé jusque là : un massage ! Nous choisissons un massage réflexologique des pieds dans un magnifique salon. N'oublions pas que nous sommes en Thaïlande et qu'ici on ne fait pas les choses à moitié : l'heure de prestation démarre par un bain de pieds au citron, suivi d'un massage de la voûte plantaire et des jambes et d'une session de réflexologie ; on termine pas un massage des épaules et de la tête et bien sur un thé pour éliminer les toxines, le tout pour… 6€ chacun. Le pied – passez moi le jeu de mots.

7 février, 6 heure du matin. C'est le grand départ : aujourd'hui, direction le Japon ! Nous avons dégoté il y a deux semaines des tickets d'avions pas chers pour Okinawa, le complexe d’îles à l'extreme sud de l'archipel. Yannick, par réflexe, a gardé la clé de l'hotel dans sa poche. Oups ! Mais il est déjà trop tard, nous sommes sur le point d'embarquer à bord de notre premier vol, pour Bangkok. Treize heures de patience plus tard, nous voilà en route pour Okinawa. A nous le pays du soleil levant !

IMG_2532
Tout l'équipage est prêt à partir!

 

Posté par pattepackers à 10:38 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

07 mars 2018

La Thaïlande, le re-retour!

fasaai1Faasai...

J'adore la Thaïlande. C'est définitivement mon pays préféré d'Asie du Sud. Aussi en ce 11 janvier suis-je doublement enjouée : nous nous apprêtons à retrouver le pays du sourire ET à rejoindre Fasaai, le resort où nous avons travaillé deux ans plus tôt, lors de notre premier passage dans le pays. J'ai dans l'idée qu'une fois de l'autre côté de la frontière, nous pourrons facilement y arriver en stop. Pour l'instant, côté Cambodge, les tuk-tuks sont trop nombreux pour nous permettre de lever le pouce en paix.
N
ous quittons Koh Kong après le petit déjeuner avec l'un des nombreux chauffeurs qui sillonnent les rues. Deux coups de tampon dans les passeports et nous voilà en Thaïlande, stands de brochettes et grosses voitures pour le prouver, au cas où nous aurions un doute.

 

Un petit tour en stop

Cela fait un moment que nous n'avons pas auto-stoppé et nous avons un peu la flemme, mais n'ayant pas vu de bus dans le coin, nous n'avons pas trop le choix. Nous marchons un peu pour trouver l'endroit idéal et posons bientôt les sacs à l'ombre d'un arbre. Quelques voitures s'arrêtent, soit trop remplies pour nous prendre, soit n'allant pas dans la bonne direction.

Nous secouons la main depuis une dizaine de minutes quand un groupe de policiers Thaïlandais débarque pour contrôler les véhicules. La police thaïlandaise étant connue pour sa corruption et sa bêtise monumentale, je ne suis pas très à l'aise. Ils nous saluent en souriant et l'un d'entre eux, le plus gradé d'après tous les pins brillants sur sa poitrine, vient nous demander où nous allons. « Chanthaburi, en passant pas Trat, en stop ». « Ah, ok. »

Le groupe d'officiers s'affaire une bonne demi-heure puis se dissout. Le policier de toute à l'heure et son acolyte nous font signe de monter avec eux. « Ok, let's go » (aller, on y va), nous dit le premier, comme si c'était déjà entendu. Je ressort mon « mai mi ngen » (je n'ai pas d'argent) habituel pour leur signifier que nous ne voulons pas payer le trajet. Ils rient et acquiescent. Nous conversons via le traducteur du smartphone. Après les politesses d'usage, il nous demande comment cela se fait que nous n'avons pas d'argent. Oups ! Je lui explique que nous en avons mais que nous essayons de voyager en stop pour rencontrer des gens. « ok, mais je vais devoir vérifier ; c'est mon travail ». Double oups !

La voiture roule toujours et les kilomètres défilent. Nous avons du mal à bien comprendre ce qu'il se passe, avec la traduction toujours approximative du traducteur. Est-ce qu'il nous emmène au poste ? Nous sommes en règle mais nous faire contrôler serait un sacré contre-temps pour notre journée de stop ; il nous reste encore 100 km à parcourir et il est déjà midi passé.
Nous arrivons à Klong Yai, la ville juste après la frontière. Les deux policiers s'arrêtent pour nous acheter des mangues et du thé glacé. Je suis de plus en plus dubitative. Arrivés au port, ils nous demandent de descendre… et nous invitent à déjeuner. Si c'est ça la vérification ! Chit, notre haut gradé, semble ravi de nous parler, s'informe un peu sur notre parcours et nos aventures, nous propose à lui poser des questions. Nous comprenons que le système corrompu dans lequel il travail ne lui plaît pas du tout, qu'il est contre tous ses abus, mais qu'il n'a pas trop le choix. Il règle la totalité du déjeuner, refuse que nous payions.

Nous reprenons la route en continuant de discuter. Il nous dépose finalement à la station du bus, en s'excusant de ne pas pouvoir nous conduire lui-même à Chantaburi parce qu'il doit retourner travailler. Il sort de la voiture, s'occupe d'expliquer notre trajet au petit gars qui vend les tickets, nous traduit le nécessaire et finit par payer notre voyage, le vendeur n'ayant pas la monnaie sur notre gros billet de 1000 bahts. Nous le remercions abondamment, lui nous remercie d'avoir passé du temps avec lui et nous prenons des photos tous ensemble – tradition asiatique. Juste avant de partir, il envoie son collègue nous apporter ses coordonnées : « appelez-moi en cas de besoin », nous dit-il d'un air solennel, avant de nous dire au revoir.

ChitDes gauche à droite, Chit, son collègue dont j'ai oublié le nom, et moi-même.

Nous voilà donc gratuitement installés dans le mini-van qui va jusqu'à Trat, où nous arrivons une heure plus tard. Le prochain bus pour Chantaburi n'est pas avant deux heures et demi, aussi, malgré l'insistance des employés de la compagnie de bus pour que nous leur achetions des tickets, nous sortons de la station et allons nous installer un peu plus loin en bord de route. Nous n'attendons pas longtemps avant que Leng, notre deuxième conducteur de la journée, nous prenne à son bord. L'assurance de sa voiture a expirée aussi doit-il s’arrêter ou se cacher sur les parkings à chaque barrage de police régulièrement répartis sur la route. Nous conversons un peu en anglais et il complète notre vocabulaire thaï. A 17 heures, nous sommes à Chantaburi.

LengDe gauche à droite, Leng, moi et Yannick.

Après une petite pause, nous retournons secouer la main ; Fasaai se trouve encore à 30 km de la ville et la nuit ne va pas tarder à tomber. Une dame et sa fille passant à pieds près de nous nous demandent si nous avons besoin d'aide. « Non, pas de soucis, nous faisons du stop pour rejoindre Kung Wiman [le village où se trouve Fasaai, ndla] ». « Oh ça risque d’être compliqué, personne ne s’arrête ici. » Les locaux pensent souvent que le stop est impossible dans leur pays alors que c'est tout le contraire. Mais le soleil est prêt à passer derrière l'horizon aussi je m'informe : « est-ce qu'il y a des bus qui vont à Kung Wiman ? Ou des songthaw ? », « non, ni l'un ni l'autre ». « des taxis alors ? », « Oh, Chantaburi n'a pas de taxi ». Les sympathiques petites dames ne semblent pas très au courant des ressources du coin en matière de transport. « eh bien nous n'avons pas le choix, nous allons attendre une voiture ! Ne vous en faite pas, ce n'est pas la première fois que nous faisons du stop dans le coin ». L'air un eu inquiet, elles nous saluent et nous laissent avec notre pancarte. Comme prévu, un pick-up ne tarde pas à s’arrêter et nous invite à sauter à l'arrière. Les kilomètres défilent sans que la voiture ne s’arrête – nous avons un bon ride ! Elle nous dépose à 10km de Fasaai. Au pire, nous arriverons donc à pieds. Le soleil se couche alors que l'heure avance et que nous nous installons au bord de la route. Derrière nous, deux hommes assis devant une petite maison discutent. Ils nous font bientôt signe de les rejoindre et, voyant notre panneau, l'un d'eux nous propose de nous déposer à Kung Wiman. Nous n'avons pas le temps de répondre qu'il est déjà parti chercher sa voiture, l'autre s'excusant de nous faire patienter. Il nous amène littéralement dans Fasaai. Il est 18h, il fait nuit. Ouf, quel timing !

 

Faasai le retour

Sura, la gérante du resort, nous accueille avec un grand sourire et un câlin chaleureux de ses puissants bras. En deux ans, presque rien n'a changé, nous retrouvons le confort, la générosité, les bonnes énergies du lieu. Quel bonheur !

SuraSura et le chat fou, toujours au rendez-vous.

Il manque juste les copains rencontrés la dernière fois. Adam et Brailla, deux volontaires Anglais, sont cependant de bonne compagnie. Bien installés dans notre grand bungalow, après avoir ingurgité une quantité de nourriture à laquelle nos estomacs ne sont plus habitués et fait connaissance avec nos nouveaux compagnons de travail, nous nous endormons paisiblement.

Nous retrouvons le lendemain les mêmes quantités de délicieuse nourriture et le même labeur que dans nos souvenirs. C'est le deal à Fasaai, quand on travaille, on travaille dur, mais quand on se relaxe, on se relaxe à fond.

breakfast

Dans les champs, tout se fait à la main. Nous voilà donc à labourer les parcelles à la force des bras, à casser les mottes de terres durcies par le soleil à la bêche, à égaliser le terrain au râteau, pour planter des cacahuètes par centaines – qui aérerons le sol et le protégerons de la dessiccation avant d'être récoltées.

Brailla quitte l'équipe quelques jours plus tard, trouvant le travail trop dur. Adam, un charpentier de 53 ans qui a atterrit là après avoir raté ses vacances, ne se tarit pas de complaintes mais tient bon et nous fait toujours beaucoup rire.

labour_avant       labour_après
L'un des champs, avant et après notre passage.

En dehors des cinq heures par jours à la fermes, nous passons le reste de la journée paisiblement, à profiter de la piscine ou des transats, aider Sura à la cuisine ou faire les courses au marché du samedi. Une pause ressourçante dans notre voyage, une parenthèse familière dans un monde de nouveauté permanente, merveilleuse mais à la longue fatigante.

piscineIl faut profiter de la piscine tant qu'il n'y a personne :p

marchéLe marché du samedi, l'essence de la Thaïlande.

LatteLe précédent chien est mort, mais Latte, du haut de ses quelques mois, a vite pris la place vacante.

Quelques jours avant notre départ, je prends tout de même le temps de planifier la suite de notre trajet. Notre visa expire bientôt, il nous faut une nouvelle destination. Nous avons dans l'idée de nous diriger vers le Japon en nous arrêtant d'abord à Taïwan, qui devrait être moins cher. Mais quelque malédiction nous poursuit : à chaque fois que je tente d'acheter un billet, le site internet a des ratées et les prix augmentent, jusqu'à un prix que nous ne pouvons plus nous permettre. Les billets directs pour le Japon sont, quand à eux, devenus abordables. Signe de la vie ? Nous achetons deux tickets pour Okinawa.

 

 

 

Posté par pattepackers à 15:05 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

02 mars 2018

Koh Kong

 

Petite ville en bord de mer et de frontière, Koh Kong est calme et peu touristique. On y trouve comme partout en Asie du Sud de superbes chambres d’hôtel pour trois fois rien, et heureusement car il n'y a aucun couchsurfing à des kilomètres à la ronde. Installés pour quelques jours, nous nous offrons le 9 janvier une excursion d'une journée sur l’île de Koh Kong.

Départ à 8h, nous sommes 6 touristes et 2 accompagnateurs Khmers. Deux heures et demi de bateau nous emmènent jusqu'à l'ïle déserte. Le moteur bricolé archaïquement fait un bruit d'enfer mais la vue est relaxante. Nous sortons par l'estuaire et croisons les villages flottants alentours. Nous apercevons bientôt l'ïle, ses petites montagnes boisées serties d'un cercle de sable clair. L'eau transparente aux reflets turquoises s'assortie au ciel sans nuage.

IMG_2183Arrivée vers la plage.

IMG_2187

Personne ne vit sur l’île, nous avons la plage de sable blanc pour nous tous seuls. Alors que nous quittons le sable humide pour aller poser nos affaires au sec, de drôles de couinements retentissent autour de nous. Nous nous demandons quelle bête peut bien faire ce bruit quand nous réalisons : le sable ! C'est le sable qui couine ! Voilà bien quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas. Il faut que je vous le montre en vidéo:

 https://youtu.be/suzEltWK8-g

Vous excuserez la qualité pitoyable de la vidéo, littéralement prise sur le vif.

Le déjeuner n'étant pas servi avant une bonne heure, nos guides nous engagent à aller plonger. Masques et tubas sont à disposition pour jeter un œil sous la surface. C'est la première fois que Yannick et moi nous y essayons. Pour moi qui ai peur de l'eau (bah oui, quoi, ça noie !) c'est un grand pas à passer : mettre la tête dans l'eau et oser respirer, je vous assure que c'est quelque chose. Je marine depuis un quart d'heure dans l'eau tiède et suis à deux doigts de renoncer quand Yannick, qui a passé le cap en deux minutes, me demande si j'ai vu les poissons tropicaux. Les poissons ? Quels poissons ? Ma curiosité de biologiste surpassant ma peur, je jette un œil sous l'eau et là, oh miracle ! des dizaines de poissons, des dizaines d'espèces différentes, et du corail ! J'ai l'impression de me retrouver dans un des aquariums du Muséum de Nancy, tout aussi beau, tout aussi bleu, mais beaucoup plus grand. Moins coloré, certes, mais sachant qu'on est à 2 mètres du bord et à peine 1,50m de profondeur, je suis quand même impressionnée. Les poissons ne sont pas craintifs pour un sous, certains viennent carrément vous nager dans la main en posant les nageoires sur votre paume. Yannick doit s'y reprendre à trois fois pour me sortir de là et aller manger, tellement je suis scotchée aux récifs.
Cocotiers et autres pins nous offre un peu d'ombre pour le déjeuner. Après manger, j'ai tellement adoré la plongée qu'on y retourne pour une heure. Nous remontons dans le bateau les yeux remplis de belles images… et la peau copieusement brûlée par les UV, comme nous nous en rendrons compte en rentrant.

Deux autres heures de mer nous amènent à la partie visitable de la mangrove locale. Ces forêts marines dont les arbres poussent les pieds dans l'eau saumâtre sont très répandues sous les tropiques, mais c'est la première fois que nous en traversons une à pieds. C'est marée basse, l'idéal pour bien voir les racines enchevêtrées et quelques petits crabes qui se baladent sur le sol bourbeux.

IMG_2217La jolie mangrove, de loin...

IMG_2219... et de près!

Avec un parfait timing, nos accompagnateur nous ramène à Koh Kong ville à l'heure du couché de soleil et en empruntant l'autre rive de l'estuaire pour nous montrer le grand village de pécheurs sur pilotis voisin de la ville.

IMG_2239Le village de pêcheurs du coin.

IMG_2241Il y a carrément des rues dans le village flottant.

A part le fait que je ne peux plus toucher ma propre peau sans souffrir le martyre et que j'ai la marque de mon maillot de bain imprimée à vie sur le corps, c'était une fantastique journée.

 

 

 

Posté par pattepackers à 12:16 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

25 février 2018

Kampot

IMG_1996Le rond-point du durian, centre de Kampot.

Sauve qui peut !

1er janvier 2018, nous voilà partis en tuk-tuk vers Kampot, fuyant de nos dernière force nos mauvais souvenirs de Kep. Il est temps de s’octroyer à nouveau quelques jours de vacances. Arrivés à Kampot, nous consacrons nos deux premiers jours à nous reposer, marcher, manger, surfer sur l'ordinateur, avant de partir à la découverte des attractions de la région.

 

Grottes et plantations de poivre.

Le 4 janvier, nous louons un scooter et partons explorer la campagne cambodgienne. Champs de riz parsemés de cocotiers et piste défoncée nous mènent à la grotte Phnom Kbal Romeas, une grande crevasse toute en terre friable que l'on peut explorer librement. La sécurité y est un peu rudimentaire, mais que voulez-vous, on est au Cambodge.

IMG_20180104_135035
J'ai peut-être l'air d'une aventurière mais je peux vous dire que je n'en menais pas large sur l'échelle cassée qui montait dans les hauteurs de la grotte, moi qui ai le vertige!

Après un arrêt au fameux « lac secret » pas du tout secret, nous visitons l'une des plantation de poivre du coin, dégustation à l'appui. La région est en effet mondialement renommée pour ses poivres, utilisés jusqu'en France par les chefs étoilés. Bien qu’après les Khmers rouge la production ait un peu ralenti, de nombreuses plantations sont encore florissantes.

IMG_2027Le joli lac secret.

IMG_2039      IMG_2042
Poivre vert, poivre frais. Les premières années, les poivriers doivent pousser à l'ombre. Ils sont ensuite découvert pour gagner leur maturité.

Le soir, Éloïse, notre éternelle compagne de voyage, nous rejoint une fois de plus.

 

Le Bokor et les Khmers

IMG_2054Le premier parking, désert, du Bokor ; Yannick, Eloise et un nouvel ami rencontré par hasard.

Le 5 janvier, nous partons tous les trois explorer le Bokor, la montagne de Kampot, classée parc naturel. Ancienne station d'altitude installée dans les années 20 par les colons pour échapper au climat cambodgien, vidée par les Khmers rouges, on trouve à son sommet un joli lot de bâtiments abandonnés intercalés de nouvelles constructions, toutes aussi vides et sinistres que le consœurs d'antan. Les complexes hôteliers et casinos installées en vue d'attirer les touristes Chinois ont apparemment raté leur but.

La montagne est à 10km de la ville puis la route se poursuit sur 30km dans le parc national. La route est toute neuve, un régal pour les scooters et nos derrières endoloris par l'exploration de la veille. Quelques jolies vues sur Kampot se succèdent. Avec la luminosité, on ne distingue pas la limite entre ciel et mer ; vision de science-fiction où les digues semblent construites dans le ciel.

La gigantesque statue de Yaey Mao, déesse protectrice des voyageurs, nous accueille à mi-chemin de la montée. Nous nous arrêtons bien évidement pour lui rendre hommage.

IMG_2060Yaey Mao et ses 69 m de haut.

Les nuages sont déjà attroupés au sommet, nous empêchant de voir quoi que ce soit. Tant pis pour les photos, nous partons explorer les restes de l'hôtel, du palais royal et de l'église, abandonnés et noircis par les éléments. Il règne sur le sommet une drôle d'atmosphère, avec ses ruines sombres jouxtant les nouvelles constructions toutes aussi désertes au milieu de la luxuriante nature.

IMG_2068En arrivant près de l'ancienne station d'altitude...

IMG_2095A gauche, un ancien hotel, à droite, un nouveau.

IMG_2090Une dépendance du palai royal abandonné.

Nous redescendons vers la ville et nous arrêtons pour manger au marcher de Kampot. C'est un marché de locaux, on n'y trouve pas un Blanc et on y mange de la bonne cuisine pour moins d'un euro. Aymeric, un ami d’Éloïse qui vient d'arriver en ville, vient compléter notre groupe alors que nous partons, sur les conseils de la gérante de notre hôtel, vers la « plage secrète », qui n'est ni une plage, ni secrète, juste un rivage caillouteux où les locaux viennent passer du bon temps. On traverse les marais salant pour y accéder. Aucun touriste n'y met généralement les pieds ; effectivement, à première vue, le coin ne paye pas de mine. Installés sous une paillote en béton, un groupe de Khmer est en train de boire des bières en mangeant des huîtres au piment. Comme promis par notre gérante, ils nous font de grands signes des bras et nous invitent à nous joindre à eux. Nous passons toute l'après-midi avec eux, à partager leur bière et leur nourriture, parlant un anglais approximatif et prenant des tonnes de photos. Nous arrivons à communiquer et à rire ensemble. Bières, huîtres, coquillages, et photos de groupe s'enchaînent dans la douce lumière du soleil qui se couche sur la mer. Leur générosité est sans limite ; ils refusent que nous participions aux frais d'achat des nombreuses bières qu'ils nous offrent. Lorsque nous leur proposons de l'argent pour les dédommager, certains sont même très offensés. Cela ne les empêche pas de nous inviter à dîner avec eux. À la queue-leu-leu, nous rejoignons leur village en scooter où nous attendant encore plus de bière et un dîner khmer. La politesse veut que les invités mangent en premier, aussi nous voilà le centre des regards, nos hôtes à présent fort nombreux nous observant attentivement picorer dans les plats. La façon française nous pousse à les encourager à se joindre à nous, mais pas moyen, la nourriture est pour nous et c'est tout.

Après encore plusieurs bières, tout le monde commence a être bien éméché. Une petite dame a l'air très mécontent débarque pour cherché son mari tout bourré et le traîner par la peau des fesses à la maison sous les rires moqueurs de ses compères.
Si les Khmer n'hésitent pas à conduire ivre, il n'en va pas de même pour notre petite troupe. Avec maintes politesses maladroites dans nos langues respectives, nous arrivons finalement à prendre congé à 21h30. Encore une fois, nous tentons de leur glisser un peu d'argent, encore une fois, il est refusé. Sonia et Alexandre Poussin1 l'avait bien dit : « lorsqu'on nous demande, nous donnons, lorsqu'on nous offre, nous acceptons ». Quel affront de vouloir payer lorsqu'on nous offre de si bon cœur ! C'est les prendre pour plus pauvres et plus intéressés qu'ils ne sont. Yannick et Éloïse glissent finalement discrètement quelques riels à l'une des femmes entourée d'enfants en lui faisant promettre de ne rien dire – elle en fera bon usage.

 

Nous passons notre dernier jour à Kampot comme le premier, à nous relaxer, et retrouvons Éloïse et Aymeric une soirée resto. Au menu : fondue suisse !! Après tous ces mois loin de notre France, la tentation de ce restaurant de fromage est trop grande. Le fromage importé est loin du vrai fromage que nous connaissons en France, mais pour nos papilles frustrées depuis plusieurs mois, ça fait très bien l'affaire !

 IMG_2001Une rue de Kampot.

Le 7 janvier, nous partons en bus pour Koh Kong, le sac de Yannick un peu plus léger, car il a oublier son manteau dans le coffre du scooter. Contournant la grosse ville de Sihanouk, nous partons vers la calme plage en bord de frontière thaïlandaise.

 

 

1 Sonia et Alexandre Poussin, aventuriers-écrivains, sont les auteurs d'Africa Trek, deux volumes relatant leur traversés entièrement à pieds du sud au nord de l'Afrique.

 

 

Posté par pattepackers à 15:36 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,


22 février 2018

Kep & le Blue Kep Hotel

Welcome crab KepCe gros crabe à pattes bleues accueille les touristes à l'entrée de la ville.
Source : https://www.flickr.com/photos/96862558@N03/14255131083.

Pour ne pas visiter le Cambodge qu'en touristes, je nous dégote un volontariat dans le sud du pays, à Kep. Je tombe cette fois totalement à côté de la plaque et nous emmène droit vers un fiasco monumental. Rien que d'en parler, j'en tremble encore ! Mais aller, no filter comme promis ;)

Nous passons la journée du 25 décembre en bus et arrivons 13 heures plus tard au Blue Kep hotel sous une pluie diluvienne. Pas le temps de se sécher, le restaurant de l'hôtel est bondé, Christian et Chantal, les propriétaires, nous mettent tout de suite au travail. Après avoir passé les fesses vissées sur un siège toute la journée, ça ne nous fait toutefois pas de mal. Entre deux commandes, nous essayons de nous familiariser avec l'endroit et nos nouveaux hôtes. Froids comme des Français au premier contact mais apparemment très gentils d'après les commentaires des clients sur internet, nous attendons quelques jours avant de nous faire une idée arrêtée sur leur compte. Nous dînons de toast et d'un verre de vin français après que les clients soient partis et nous couchons à minuit pour nous lever à 7 heures le lendemain – un peu rude après la semaine qu'on a passé à Siem Reap ! Je me dis que ça ira mieux les prochains jours, que c'est juste le temps de se mettre dans le bain, de créer notre routine. Malheureusement, ça ne va faire qu'empirer, Christian et Chantal étant, je vais vite m'en rendre compte, de véritables marchants d'esclaves.
Nous travaillons de 8 heure à 13 heure. Le déjeuner est servi à 14 heures, puis nous devons reprendre de 19h à 21h si nous voulons bénéficier du dîner, qui est servi à 22h. Le temps de manger, débarrasser, faire la vaisselle, se doucher, il est vite 23h30 passées et temps de se ruer au lit pour profiter de quelques heures de sommeil avant .de refaire la même le lendemain. Même mon plein temps en France était plus correct ! Car voilà ce que je n'avait pas calculé avant de nous engager. Partant du principe que nos compatriotes d'hôtes avait une notion du volontariat ''à l'européenne'', je n'avais pas négocié les conditions de l'échange. On apprend de ses erreurs. 7 heures par jour, 6 jours par semaines, ça fait 42 heures de travail par semaine (contre une trentaine maximum généralement admises), pour un volontariat où nous recevons un lit dans une buanderie et des repas assez moyen ; et bien sur, pas un centime. Voilà qui n'est pas très réglo !

Le Blue Kep Hotel est de plus isolé, il faut prendre le taxi ou louer un scooter pour rejoindre le centre et tous les restaurant alentours sont hors de prix, il n'y a pas de superette, ce qui nous force le plus souvent à faire le service du soir.
Petites nuits et grosses journées. Le matelas dépasse du sommier, il fait forcément humide dans la ''chambre'' sans fenêtre et sans intimité vu que c'est une pièce de travail et de toute façon, on n'a pas trop le temps de dormir. Jamais nous n'avons travailler autant avec si peu en échange. Nous nous tuons littéralement à la tache sans pouvoir vraiment nous reposer. Le temps entre deux services est trop court pour faire une bonne nuit de sommeil. Nous sommes tellement fatigués que nous ne sortons même pas visiter les alentours.
Si encore nos hôtes étaient sympa, on s'en accommoderait volontier, mais c'est là le pire. Pas un sourire, très peu de reconnaissance, aucune générosité, Christian et Chantal ne sont même pas gentils ou agréables, leurs cœurs semblent aussi secs que leurs paroles. Chantal vante sa cuisine qui, pour les clients, est certainement délicieuse mais qui pour nous est pour le moins basique. C'est elle qui prépare les repas de midi et du soir, cela facilitant son organisation dit-elle et qui est théoriquement bien pour nous. Étant végétarienne, je peux aller me faire cuire un œuf, au sens propre du terme, car Chantal n'a « pas le temps de [me] faire autre chose ». En plus, le travail est dur et ennuyeux. Aucun amusement, aucun plaisir, rien à faire alentour pour se changer les idées, personnes à qui parler. On essaye de discuter avec nos hôtes, mais c'est souvent à sens unique. Ils nous racontent leur vie mais ne s'intéressent pas à nous, nous expliquent à quel point ils ont été déçus des précédents wwoofers, qui s'arrêtaient de travailler à midi alors que Chantal leur préparait des repas si délicieux (mmmh, question de point de vue j'imagine). Ils répètent à qui veut l'entendre qu'ils adoooorent leur travail dont il se plaignent pourtant souvent, crachent sur leurs voisins expat' et leur font de grands sourires quand ils viennent boire un verre. Leurs deux employées précédentes ont démissionné il y a quelques semaines et il peinent à retrouver du personnel fiable.
Nous essayons sincèrement de bien bosser, d'être sympa, de créer du lien, de les comprendre, ça ne mène à rien. Ça ne passe pas. Au bout de deux jours, je sais que la vie ici va être un calvaire, qu'on ne sera jamais respectés à notre juste valeur. Yannick, plus patient, tient le coup quatre jours avant de se ranger à mon avis. Ils se fichent littéralement de nous et nous utilise tout simplement comme de la main d’œuvre gratuite et facilement exploitable. On ne les aime pas et c'est réciproque : quand je leur annonce que nous devons partir plus tôt, ils sont ravis. Nous avançons notre départ d'une semaine. Plus que quelques jours à tenir. J'essaye quelques petites stratégies pour économiser mon énergie mais ils veillent au grain. Le tout cadencé par les critiques des précédents wwoofers – vous pouvez être sûr qu'à présent on en prend aussi pour notre grade.

Ce séjour aura au moins eu l'avantage de me permettre de voir un médecin pour mes maux de ventre chroniques : le docteur Christian Siokmac, expatrié et en retraite depuis quelques mois, accepte de me recevoir par l'intermédiaire de Chantal. Le jour du rendez-vous constituera  notre jour de congé, car nous ne servons à rien si nous ne sommes pas là tôt le matin. Sa maison est située de l'autre côté de la ville, il faut louer un scooter. Christian explique vaguement à Yannick où elle se trouve et nous laisse partir. J'ai tout de même le réflexe de prendre le numéro de téléphone de l'hôtel en cas de pépin. C'est tout une galère de se repérer dans Kep et que je téléphone pour demander de l'aide, je me fait rembarrer : « on est occupé avec les clients là, c'est pas la peine de harceler le téléphone » ils n'ont que cette phrase à la bouche. Ok, pas grave, on va se débrouiller. L'excellent sens de l'orientation de Yannick finit par nous sortir de cette galère et le médecin ne s'offusque pas de notre retard. Il est même très content de nous rencontrer, nous raconte sa vie de médecin sans frontière et conclu que mon état n'est pas inquiétant. Une prise de sang à l’hôpital local le confirme : pas d'infection, pas d'invasion, pas de problème.
Il est midi, nous avons encore toute la journée devant nous et aucune envie de retourner au Blue Kep. Nous en profitons pour faire un petit tour en scooter dans Kep et aller manger du crabe au poivre (enfin Yannick pas moi), les spécialités locales, au marché au crabes. Nous allons digérer sur la plage. Tout est un peu morne à Kep, ni beau, ni moche, pas vraiment intéressant mais pas inintéressant non plus. Par contre, tout est cher. C'est plein d'expatriés Français qui tiennent leur restaurant ou leur hôtel pour les touristes Français qui viennent retrouver leurs habitudes de Français pour un instant.

crabes bleusLes crabes à pattes bleues, espèces emblématique de la ville, remplissent les paniers des restaurants, prêts à passer à la casserole.
Source : http://www.mademoiselle-voyage.fr/asie-cambodge-koh-rong-kep-que-voir-dans-le-sud/.

Encore quelques jours de travail nous attendent avant de pouvoir partir. Le 31 décembre, branle-bas de combat pour le nouvel an, nous enchaînons onze heures de service. Pas par choix bien sûr, nous sommes obligés d'aider le soir, ce n'est pas négociable. Nous passons donc notre réveillon au labeur. A 1 heure du matin, avant d'aller me coucher, je prévient nos bourreaux que  nous nous lèverons plus tard le lendemain, pour compenser les heures faites en plus. Sans plus de question – ou même de réponse de leur part, je calcule qu'avec nos 4h suplémentaires du jour, nous prendrons notre service à 12h et travaillerons jusqu'à 13h. Quand nous nous levons le lendemain à 11h, à peine reposés de notre semaine, Christian m'annonce que vu l'heure, notre aide est inutile et que nous pouvons prendre notre journée. Chantal dans sa cuisine ne répond même pas à notre bonjour. C'est à croire qu'ils sont fâchés que nous ne nous soyons pas levés à l'heure habituelle ! Peut-être pensaient-ils que les heures de la veille seraient cadeau ? C'est la goutte d'eau de trop. L'ambiance est exécrable, encore plus froide que d'habitude. Je suis dégoûtée, épuisée, j'ai l'impression de m'être faite avoir sur toute la ligne, d'avoir donné à sens unique. Plus que la souffrance physique, c'est mon moral qui en prend un coup. Je me plains souvent (ok, toujours) de nos expériences de volontariat en Asie, mis nous en tirons toujours beaucoup de positif : si le travail est dur, les hôtes sont adorables, parfois ils sont énervant mais aussi très généreux, les tâches sont ennuyeuses mais le nombre d'heures réduit, même si on ne se comprend pas toujours, on s'apprécie, on apprend à se connaître et à s'apprécier, on essaye au moins, on fait des efforts, des deux côtés on tisse la relations et quand c'est difficile, les autres volontaires ou personnes rencontrées sont là pour nous soutenir et nous aider. Ici, rien de tout ça. Nada. Le vide humain. L'aridité sentimentale, la stérilité du labeur.
Yannick veut partir sur le champs. Nous abandonnons le déjeuner pour lequel nous avons pourtant travaillé la veille et et quittons le Blue Kep le 1er janvier juste après le petit déjeuner. Christian et Chantal ont l'air soulagés de nous voir partir. Nous échangeons avec eux des sourires et des vœux hypocrites (merci les clients présents) puis nous sauvons de cette galère sans demander notre reste. Adieu ingrats esclavagistes, adieu ville pourrie où il n'y a rien à faire et où tout le monde crache dans le dos des autres. Direction Kampot, en tuk-tuk, où nous passerons nos deux premiers jours de l'année à dormir, glander , nous promener et prendre soin de nous pour récupérer de ce traumatisant volontariat. Tant pis pour l'arbre magique, les plantations de poivre et le parc national de Kep, attractions sûrement sympa mais que nous n'avons pas eu l'énergie de faire.

IMG_1993La plage de Kep.

Si le réveillon n'était pas terrible, le 1e janvier marque l'avènement de notre capacité, timides et introvertis que nous sommes, à défendre nos intérêts et à nous dresser contre l'oppression – et l'oppresseur. Nous ne perdons pas la foi en HelpX, Wwoofing et Workaway pour autant. Au contraire, cette expérience me remet dans le droit chemin, me rappelle que le contact avec les hôtes doit être fort et profond dès les premiers mails et les conditions de l'échange clarifiées avant d'arriver. C'est finalement une expérience intéressante, qui aura affiné notre détecteur à escrocs et nous aura fait expérimenter la face sombre du travail volontaire dont tant de personnes m'avaient parlé et que je n'avais jamais vécu.

Allez, on se retrouve dans quelques jours pour un nouvel article, plein de vacances et de bonne humeur !!


Posté par pattepackers à 15:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,

18 février 2018

Siem Reap, Angkor et plus encore - 3

 

Quatrième jour, villages flottants

Nous avons besoin d'une grasse mat'. Une pause dans les visites de temples ne serait pas de trop non plus, pour éviter l'overdose. Nous optons donc le 23 décembre pour une visite de village flottant. Avec l'immense Tonlé Sap, le plus grand lac d'Asie du Sud, à quelques kilomètres de Siem Reap, il y a de quoi voir.
Nous rappelons Mr Ramet qui s'empresse de nous rejoindre. Il ne négocie même pas le prix que je lui propose pour la course, bien que le village que nous souhaitions visiter, Kompung Kleang, soit à 50 kms de la ville.
Toujours aussi souriant, Samet nous promène à travers la campagne, commente le trajet et nous fait découvrir le ''snack'' local, le riz au lait de coco cuit dans du bambou, qu'on achète dans les petits stands improvisés au bord de la route.

riz 1     riz 2
Samet nous explique que les Cambodgiens en route vers Phnom Penh, la capitale, s'arrêtent souvent acheter toute une razzia de ces petits bambous pour ramener à leur famille en ville.

Pour découvrir le village flottant, on prend bien sûr le bateau. Ça coûte 20$ par touriste (environ 16€), ce qui n'est pas donné mais au moins Mr Ramet peut venir avec nous. Il nous confie ne pas venir souvent jusqu'ici et a l'air aussi content que nous de cette petite virée. En effet, nous ne croisons aucun autre touriste, voilà qui est atypique à Siem Reap.

Kampong Kleang 1La vue sur le port et une partie du vilage sur pilotis.

A bord du bateau, Samet nous fait la visite guidée, nous décrit les alentours, nous explique les petites habitudes des Khmers et les anecdotes du coin. Le tour sur le lac dure une heure, on en prend plein les yeux et l'appareil photo. Le co-pilote fait un massage à Yannick, nous grimpons sur le pont, Samet récolte des feuilles comestibles dans les buissons flottants où le bateau s’emmêle ; il nous questionne sur notre voyage, nous raconte sa vie, sa femme, ses deux enfants, le métier pas toujours facile de tuk-tuk, les journées sans trouver de clients, mais le plaisir évident de rencontrer des voyageurs.

IMG_20171223_144821Balade sur le Tonlé Sap avec Samet.

Kampong Kleang 2Côté lac, tout le monde se déplace en bateau, au milieu des prairies flottantes.

IMG_1865Vue sur Kompung Kleang depuis le bateau.

De retour au port, Mr Ramet, qui veut que nous en aillons pour notre argent – et qui s'amuse tout autant que nous, nous propose de faire un tour dans le village, coté terrestre. Nous partons tous les trois à pieds rencontrer les habitants. Les enfants jouent entre les pilotis, les vieux font la sieste ou regarde le temps passer depuis les marches de leur maison, les pêcheurs s'affairent à décharger et peser les prises de la journée. Samet nous explique le mode de vie local, les familles entières qui vivent dans les grandes maisons, la vie des pêcheurs ; fait gouter à Yannick de minuscules crevettes dont lui-même raffole.

village 1Dans les ruelles du village.

village 2      village 3
Des crevettes!

fin de journée 1

fin de journée 2
Retour de pêche.

Nous rentrons à Siem Reap alors que le nuit tombe. Après de nombreux remerciements mutuels, nous nous séparons sur ces beaux souvenirs communs. Samet a même gagné assez d'argent sur ces deux jours pour prendre sa journée du lendemain et s'occuper de sa famille. On est presque fiers de nous !

 

Ciquième et dernier jour : la petite boucle, le cœur d'Angkor

IMG_20171224_075537On aperçoit les sommets d'Angkor Vat de loin.

24 décembre 2017, dernier jour à Siem Reap. Nous finissons en beauté par un tour en vélo sur la petite boucle d'Angkor. C'est là que nous attend Angkor Vat, le plus célèbre des temples d'Angkor.

IMG_20171224_105100Nous partons en pédalant à 7h30. A notre arrivée une heure plus tard, il fait déjà chaud et nous n'avons pas réussit à devancer les cars de Chinois. Nous prenons tout de même le temps de découvrir les détails d'Angkor Vat, ses fresques sculptées, ses piliers décorés, avant de rejoindre Angkor Thom, un complexe de constructions presque aussi fameux.

IMG_1945Angkor Vat vue de derrière (c'est vraiment trop difficile de prendre bonne photo de l'avant avec le soleil et les milliers de touristes).


IMG_1938Des fresques sculptées relatant les guerres légendaires ornent les longs couloirs du temple.
IMG_1947

Il faut bien avouer qu'après deux jours intensifs de visites de temple, on arrive à saturation. Nous parcourons les terrasses d'Angkor Thom un peu superficiellement et filons au Bayon, un temple couvert de visages de bouddha serein sculptés sur toutes les facettes de ses tours.

IMG_20171224_140242Vue du Bayon.

IMG_20171224_133400Cherchez Bouddha(s)!

Nous repartons avant 16h pour éviter la circulation. Le temps de se débarasser de notre sueur et nous concluons notre séjour à Siem Reap par un réveillon mexicain : tacos et Margaritas au restaurant, on ne se refuse rien ! En même temps, pour un total de 15€, on ne va pas se priver.

Après ces petites vacances, il est temps de repartir travailler ! A suivre dans le prochain article ;)

 

 

Posté par pattepackers à 10:02 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

04 février 2018

Siem Reap, Angkor et plus encore - 2

On continue la découverte des temples d'Angkor et des aletours de Siem Reap ! Un article détente, avec beaucoup de photos et pas trop de texte.

Troisème jour à Siem Reap : musée des mines anti-personnelles et temples éloignés.

C'est reparti pour un levé aux aurores. Aujourd'hui, c'est Mr Ramet, super chauffeur d'un rutilant tuk-tuk que nous avons démarché la veille, qui nous conduira vers des temples plus éloignés de la région. Les temples d'Angkor s'étendent en effet sur plusieurs centaines de kilomètres-carrés. Il est donc impossible de tout voir en trois jours mais plusieurs perles d'architectures sont accessibles en quelques heures de route. Au programme de la journée, Bantheay Srei, Beng Melea et Ba Kong, pour une boucle de 100 kms qui devrait nous occuper jusqu'à la nuit.

Mr Ramet 3Qu'il est beau, notre Samet, devant son tuk-tuk fait main ;)

Cette fois, nous nous sommes convenablement équipés: manteaux, bonnets, écharpes, capuches, nous sommes parés pour les deux heures de routes cabossées dans la campagne cambodgienne qui nous attendent. Effectivement, pas besoin d'aller bien loin pour changer d'air ; à peine sortis de la ville, on se retrouve vite dans le Cambodge rural et la rase campagne, où champs de riz, cocotiers, cabanes en bâches bordent la route…

tuk-tuk 3       tuk-tuk 4
Si la route est déserte le matin, on croise des ribambelles de petits loups qui reviennent de l'école dès le milieu d'après-midi.

Sur le chemin du premier temple de notre liste se trouve le musée des mines anti-personnel, l'occasion de se plonger pour une heure dans l'Histoire plus contemporaine du pays.
On y trouve des milliers de mines et d'armes ramassées par le fondateur du musée lui-même. Enrôlé comme Khmer rouge quand il était enfant, après que sa famille ait été tuée, il a d'abord posé des centaines de mines sur ordre du régime. Après la chute de ce dernier, il est retourné déminer les endroits où il était passé quelques années plus tôt avant d'aider d'autres villages à se débarrasser de leurs mines. Si le Cambodge est aujourd'hui débarassé d'une bonne partie de ces fléaux, le problème est loin d’être résolu et les victimes encore nombreuses dans les campagnes.

Un peu plus éduqués sur l'Histoire du Cambodge, nous rejoignons Banteay Srei, aussi appelé Lady Temple, le temple des femmes, en raison de ses sculptures d'une finesse telle qu'on soupçonne des femmes de les avoir réalisé. Les nombreux détails joliment conservés sont relevés par la couleur rose de la pierre.

Lady Temple 8Dans les allées étroites du temple...

Lady Temple 2     Lady Temple 7

Lady Temple 1... murs, piliers, frontons, chaque centimètre-carré de pierre est recouvert de sculptures d'une minutie à se damner.

Lady Temple 10Vue d'ensemble de Banteay Srei.


Une autre heure de route à travers la belle campagne cambodgienne
nous emmène ensuite à Beng Melea, un vieux temple dans la jungle littéralement détruit par les arbres.

Beng Melea 10L'une des nombreuses portes de l'allée qui mène à Beng Melea.

Beng Melea 5Les puissantes racines des arbres se frayent aisément un chemin à travers les pierres, n'hésitant pas à les déloger quand elles gènent.

Beng Melea 13

Il est déjà
midi et la foule commence à affluer. Les touristes Chinois passent sans vergogne par dessus les barrières et les mises à distance pour prendre des selfies, ce qui agace prodigieusement Yannick, mais que voulez-vous, ils nous surpassent en nombre et le personnel charger de surveiller le temple ne semble pas réagir.

Beng Melea 9Les lianes ne sont pas en reste quant à l'invasion.

Après le déjeuner, je profite des deux heures de route jusqu'à Ba Kong pour faire une petite sieste, en prenant soins de caler mes rangers de manière à ne pas pouvoir passer malencontreusement par-dessus bord avec les cahots de la route.

Encore des marches et des vieilles pierres, des passages secrets et des éboulis, on s'en lasse sans s'en lasser, la fatigue poussant d'un coté, l'émerveillement de l'autre. Ba Kong est un autre temple tout en hauteur, avec cinq niveaux qu'on peut escalader à loisir pour découvrir ses restes de sculptures et de statues.

Ba Kong 1Yannick et ses Ray Ban,à l'assaut du Ba Kong.

Ba Kong 3

Ba Kong 5Des marches, des portes,des passages secrets, vous commencez à connaître autant que nous maintenant !

Ba Kong 12
Vive les tourelles!

Mr Ramet, qui nous attendait tranquillement sur son tuk-tuk, nous propose de prolonger un peu notre visite et d'aller voir a Preah Ko, un petit temple juste à côté de Ba Kong. Avec plaisir !

Preah Ko4La jolie pierre rose de Preah Ko, dans le calme de la fin de journée.

Preah Ko 6


De r
etour en ville, malgré une journée complète de route chaotique, notre chauffeur fait quelques détours et arrêts pour nous montrer de sympathique endroits de la ville, dont le palais royal et des chauves-souris diurnes frugivores accrochées aux fils électriques.
Mr Ramet aura bien mérité ses 38 dollars !

Mr Ramet 2

 

 

  

02 février 2018

Siem Reap, Angkor et plus encore - 1

Preah Kanh 24


Passage de la frontière terrestre Thaïlande - Cambodge

Le 18 décembre, on décolle. Nous prenons deux jours pour rejoindre notre prochaine étape par la route. Un bus nous emmène de Sakon à Mahasarakam puis un autre jusqu'à Surin, d'où nous rejoignons la frontière cambodgienne le lendemain. Nous traversons la frontière sans nous laisser faire : visa payant, arnaque en vue ! D'après ce que nous avons lu sur internet, le visa coûte 30$ par personne. Le gars derrière son guichet vitré nous demande de payer en bahts thaïlandais (et fait alors payer plus cher), je dis non, on a que dollars. « C'est 35 dollars alors ». « Non, c'est 30 ». Il ne moufte pas et cède devant ma détermination. Nous payons 60 dollars à nous deux et pas un centime de plus. De l'autre côté de la frontière, nous mettons en quête de la station de bus. Des chauffeurs de taxis nous hèlent de tous côtés alors que nous marchons. « Where do you go ? », « you go Siem Reap ? », « 700 baht », « 1000 baht », « very cheap », « good price for you ! ». Imperturbables, nous marchons. C'est sans compté sur les ratés de Mappy, notre logiciel de géolocalisation dur smartphone, qui nous indique une station de bus à 4 km de la frontière qui n'existe pas en vrai. Obligés de faire demi-tour, c'est reparti pour 4 km dans l'autre sens, avec le soleil en face cette fois. Les locaux ne semble pas très enclin à nous aider et plutôt disposés à nous déplumés. Quand nous demandons où trouver le bus pour Siem Reap, on nous propose de nous emmener en voiture pour une somme faramineuse. Le touriste paie apparement bien dans le coin. De retour à la frontière, nous découvrons la ''station de transport''. Un groupe d'homme avec des carnets de tickets se tient assis derrière une petite table. Ils ne parlent évidemment pas anglais et tout est écrit en Khmer. « bus Siem Reap ? » « yes, taxi ». « bus », répèté-je en montrant le dessin d'un bus sur mon pointing book. Les seules réponses que j'obtiens sont « non » et « taxi », qu'ils répètent en boucle jusqu'à me faire craquer. Nous sommes finalement obligés de prendre un des fameux « taxi » jusqu'à Siem Reap. Un des hommes appelle le ''chauffeur'', un type lambda dans une voiture lambda bien content de se faire une telle commission. Leur langage se diversifie alors soudain : pour parler argent, là il savent faire. Je négocie notre trajet pour un tiers du prix proposé – maintenant, je ne me laisse plus faire.

Nous arrivons deux heures plus tard à Siem Reap. Le chauffeur veut nous déposer à l'entrée de la ville ; j'insiste pour qu'il nous conduise au centre – au prix de la course, il peut bien faire quelques kilomètres de plus. Le conducteur n'ayant pas assez de change sur mon gros billet, je lui donne les petites coupures de baht et dollars qu'il nous reste. La quantité de billet le satisfait et nous nous en sortons pour encore moins cher que prévu. On n'aura pas tout perdu !

Nous allons poser nos sacs et retrouvons à nouveau Éloïse qui passe, elle, son dernier jour à Siem Reap. Alors que nous dînons ensemble et elle nous livre tous ses bons conseils pour visiter les coins.

Premier jour à Siem Reap, découverte de la ville et préparation de notre visite d'Angkor.

Nous comprenons vite qu'une visite des temples d'Angkor se prépare à l'avance. La superficie du site, la quantité de touristes et les prix exorbitants nécessitent un peu de recherche préalable si on veut passer un bon moment. Nous consacrons donc notre première journée cambodgienne à l'organisation des jours suivants.

L'hiver bat son plein sous les tropiques et il fait terriblement froid. Aux 30°C de la journée auxquels nous sommes maintenant habitués répondent des 15°C venteux qui nous font grelotter la nuit. La plupart des hôtels n'étant absolument pas équipés pour ces conditions climatiques, nous passons notre première nuit enroulés dans le sac de couchage de Yannick.

Après avoir changé de guesthouse pour une chambre un peu mieux isolée, nous partons à la découverte de Siem Reap.
Chose étonnante au Cambodge, on paye en dollars américains aussi bien qu'en riel, la monnaie locale. Les prix dans les magasins sont affichés en dollars, on retire des dollars aux distributeurs de billets… Toutefois, seuls les billets circulent ; ainsi lorsque vous payez un montant à virgule, on vous rendra la monnaie en riel, voir un peu de chaque, avec une conversion plus ou moins approximative. Beaucoup de vendeurs locaux profitent de cette confusion pour augmenter les prix pour les touristes, et la pratique n'est pas le propre de Siem Reap. Si le système semble très embrouillé, on finit par s'habituer et convertir de tête très rapidement.

En bonne ville touristique, Siem Reap regorge de marchés immenses à tous les coins de rues, ouverts de jour comme de nuit, où les commerçants vendent tous les mêmes souvenirs pour touristes. Les vendeurs y sont particulièrement réactifs et vous hèlent à plusieurs mètres de distance par des « siiiiiire, madaaaaam, you want somethiiiiing » insistants. Pas la peine d'essayer d’être discret ou de passer sans regarder, vous vous déplacerez toujours dans une cacophonie de sollicitations. Il en va de même dans les rues du centre, où les chauffeurs de tuk-tuk veulent tous savoir « where you go ? You want tuk-tuk ? Today ? Tomorrow ? », (où allez-vous, aujourd'hui, demain, vous avez besoin d'un tuk-tuk ?). L'apogée du boucan reste certainement Pub Street, littéralement la rue des pubs, toute illuminée, bruyante, aux prix prohibitifs et quasi-exclusivement fréquentée par les Occidentaux. C'est aussi le meilleur endroit pour aller négocier son tuk-tuk, vous pouvez être sûr qu'on vous sautera dessus dans la seconde. La concurrence est rude pour les chauffeur et vous pourrez en profiter pour négocier à bon prix votre petite virée.

Une fois notre parcours tracé, nous allons le soir y dégoter notre tuk-tuk pour le lendemain. Le site d'Angkor est à 10 km de la ville et les parcours font eux aussi plusieurs dizaines de kilomètres de distance. Préférant ne pas conduire dans les rues encombrées de Siem Reap, nous optons pour l'une de ces calèches contemporaines et négocions pour 15€ notre balade du lendemain.

pub street jour        Pub Street nuit

 

Deuxième jour, la grande boucle d'Angkor.

Le 21 décembre, nous nous levons avant l'aube et retrouvons notre tuk-tuk à 6h30. Il fait vraiment froid ce matin et l'heure de route sans bouger dans un véhicule ouvert aux quatre vent nous congèle littéralement. Le temps de vider notre porte-feuille à l'entrée du site pour acheter deux « pass 3 jours » (128€ à deux, ça fait mal au budget, mais que voulez-vous, la légende se payent à prix fort), nous sommes à 7h30 pétantes devant notre premier temple, évitant ainsi les armées de tours organisés.

Les mythiques temples d'Angkor valent effectivement le détour, cachés au milieu de la forêt, leurs splendides ruines colonisées par les arbres, la mousse et les lianes, qui les magnifient autant qu'ils les détruisent. On s'imprègne de leur atmosphère d'un autre temps dans la fraîcheur de la jungle qui s'éveille sous les rayons du soleil déjà brûlant. Entre les briques et les éboulis, on aperçoit parfois les restes des sculptures murales qui recouvraient jadis l'intégralité des façades, témoins de la magnificence d'antan et de la mégalomanie des souverains successifs de l'empire Khmer.
La nature y depuis longtemps repris ses droits et dévore peu à peu les restes de la puissante civilisation aujourd'hui réduite à néant, comme pour nous rappeler que même les plus grands empires sont finalement peu de chose face à elle.

Preah Kanh de son doux nom, est presque désert à cette heure, nous découvrons en paix son immensité et ses vieilles pierres au son des oiseaux matinaux.

Preah Kanh 1L'entrée de Preah Kanh, le débur de la découverte...

Preah Kanh 26
Nous parcourons ses dédales de couloirs et de portes...

Preah Kanh 14...observons ses freques murales délicatement sculptées...

Preah Kanh 2... pour arriver à sa porte sud, superbement conservée.

On continue la visite dans notre carrosse des temps modernes par Ta Som, un petit bout de ruine avec tout de même une belle porte ornée d'un arbre qui lui a poussé dessus.

Ta Som 1
D'un côté...

Ta Som 5
...de l'autre.

Puis on enchaïne East Mebon, aux remparts ornés d'éléphants, Pre Rup, tout en hauteur, pour finir par Ta Promh, célèbre à cause des arbres qui l'ont envahi de leurs imposantes racines et qui a notamment servi de décor au film Tomb Raider.

East MebonUn petit bout d'East Mebon.

Pre Rup
Le grand Pre Rup.

Ta Promh 1

Ta Promh et ses arbres.

Ta Promh 4

IMG_1645

IMG_1658

Tous les temples sont beaux et intéressant, chacun à leur manière. Ils sont pour la plupart bien conservés et le fait de pouvoir les explorer sous toutes les coutures rend la visite encore plus passionnante. Toutefois, on n'apprend pas grand-chose si on ne se paye pas les services d'un guide car il n'y a aucun document explicatif disponible nul part. On s'est dit qu'on se rattrapera avec un bon documentaire d'Arte et qu'on se contenterait d'en prendre plein les yeux.

Partis tôt, nous évitons les Chinois, le cauchemar de tout touriste non-Chinois (c'est pas très gentil mais c'est vrai) et terminons notre première journée de visite à midi. Nous sommes vidés, la têtes pleine de belles images et les jambes en compote à force d'escalader ruines et marches et de se faire secouer dans le tuk-tuk.

Il nous reste trois jours à Siem Reap, et beaucoup de merveilles à découvrir...

 

 

 

Posté par pattepackers à 12:56 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,

27 janvier 2018

Sakon farm

ferme soir

Le 2 décembre, nous passons la frontière thaïlandaise avec un bus local. Nous sommes les seuls Blancs du bus, parmi les Lao, Thaï, Chinois et quelques Coréens, ce qui nous vaut comme toujours une foule de regards curieux. Le passage de la frontière se fait sans stress et sans arnaque, les citoyens Français bénéficiant de 30 jours de visa gratuit en Thaïlande. Je retrouve avec joie mon pays préféré d'Asie du Sud-Est comme si je ne l'avais jamais quitté et reprend vite mes marques.
Huit heures et deux bus plus tard, nous arrivons à Sakon Nakhon, une ville à l'Est de la Thaïlande, où nous passerons les deux prochaines semaines en wwoofing. Connue pour être un désert touristique, il n'y a rien de particulier à visiter dans cette partie du pays. En contre-partie, on accède à la « vraie » Thaïlande, avec des locaux qui vivent leur vie de locaux et presque aucun autre Gringo aux alentours.

Il est 21 heures quand Erich, notre fermier, vient nous chercher à la station de bus. Ancien écrivain et universitaire, notre hôte Américain, la cinquantaine bien tassée, vit en Thaïlande depuis quinze ans. Sa femme, Cho, est une sublime Thaïlandaise qu'on croirait sortie d'un magazine de mode, avec qui il a deux enfants. Comme beaucoup d'Asiatiques, à 45 ans elle en paraît dix de moins ; toujours mise avec soin, habillée avec goût, coiffée avec élégance, elle jongle sans broncher entre son poste de professeur d'anglais à l'université de Sakon et sa vie de mère et d'épouse. Du matin au soir, elle enchaîne les corvées, s'occupe des enfants, prépare à manger, fait des cookies, s'inquiète de notre confort à la ferme, refait des cookies, nous prépare un tupperware pour le petit-déjeuner du lendemain, sans cesser de sourire, sans jamais s'énerver, avec toujours un mot gentil ou une attention délicate qu'elle distribue sans compter. Leurs deux fils, Kiri et Khrom, 6 et 2 ans respectivement, sont de mignons petits métisses aussi bilingues qu'énergiques. Erich nous confie son soulagement de vivre en Thaïlande, où le coût de la vie leur permet d'employer à plein temps une nounou qui aide Cho avec les enfants et l'entretien de la maison pour une bouchée de pain comparé à l'Occident.

 

La ferme de l'étranger

Installé à Sakon depuis 10 ans, il y a bâtit sa ferme et entamé une nouvelle existence. Il a passé les cinq premières années à en construire l'infrastructure, marres de rétention d'eau, lits de culture, route, plantation d'arbres, principalement à la main. La ferme a seulement commencé à produire ces dernières années. Installée un peu à l'écart de sa maison, elle consiste en potagers sur buttes, un petit champs de riz, deux marres, une cabane à outils où Erich cultive aussi des champignons comestibles, un poulailler et la cabane des wwoofers.

ferme 1Vue du potager depuis notre cabane.

cabane 1La cabane à wwoofers.

La petite maison, pas plus grande qu'une chambre, est certes un peu rudimentaire mais dispose de tout le confort nécessaire. Réticente les premiers jours, je m'habitue vite à cette vie simple, proche de la nature et loin du superflu. Nous avons l'essentiel, un abri en dur, propre, l'électricité, l'eau courante - même s'il faut aller allumer et éteindre la pompe à chaque utilisation. La nourriture est abondante et à portée de main dans le jardin.

cabane 2Petite maison sur pilotis (les innondations sont fréquentes dans le coin), rocket stove pour faire du feu, Yannick, la cabane à outils et à champignons et au premier plan, un papayer.

cabane 3De l'avant vers l'arrière, le rocket stove, Yannick, notre poêle et tout au fond, la douche. Ici, rien ne se perd, on arrose les bambous en même temps qu'on se lave.

cabane 5Sous le porche, nous stockons la paille de riz servant à allumer le feu, le balai et notre bidon d'eau potable, ainsi que tous nos ingrédients de cuisine, hors champs, suspendus dans des sacs plastiques sur le fil à linge pour les préserver des fourmis. A l'intérieur de la cabane, vous pouvez apercevoir nos futons, repliés pour les protéger des crottes de geckos et autres bébêtes.


En échange d'être logés, nourris et blanchis, nous travaillons avec Erich quatre heures par jour, cinq jours par semaine. C'est la seule raison qui nous a fait faire un détour par ce coin reculé de la Thaïlande : enfin une vraie ferme où nous allons faire de la vraie permaculture !
Parmi nos activités, on compte la récolte du riz à la main. Le meunier est juste à coté et nous goûtons le fruit de notre labeur deux jours plus tard. Il faut couper des eucalyptus et fendre du bambou à la machette pour les constructions. Désherber les lits de permaculture, planter, pailler, construire des supports pour haricots. J'asperge aussi régulièrement les champs avec du fertilisant maison à base de micro-organismes fermentés.

ferme 6Yannick en pleine construction des supports à haricots.

Erich parle beaucoup, s'extasie devant ses plantations, sa ferme, son travail et les miracles de la nature. Des dizaines de fois par jour, il nous répète avec exaltation : « isn't that amazing ? Isn't it wonderful ?, it's incredible, ha! » « amazing », « beautiful » (n'est-ce pas merveilleux? C'est fantastique ; incroyable, n'est-ce pas!; magnifique). Il nous raconte la construction de sa ferme, son intégration parmi les voisins du village et nous explique comment fonctionne la permaculture sous les tropiques, l'écosystème sec-humide de Sakon étant très différent de celui de nos pays tempérés.
Il
demande aussi mes conseils d'ingénieure écologue pour améliorer la productivité de sa ferme et notamment de sa maison à champignons. Malheureusement pas très enclin à écouter mes recommandations, il finit toujours par faire à son idée. Je ne m'offusque pas pour autant, cela colle avec le personnage et après tout, c'est sa ferme, il fait ce qu'il veut.

ferme 9Erich au milieu des buttes de permaculture.

Notre petite routine se met en place : levée à 6 heures, je vais nourrir les poules, arroser la nursery de jeunes pousses et vaporiser les champignons en regardant le soleil se lever. Je réveille Yannick à 6h30, qui range les lits et fait le feu. Nous disposons d'un rocket stove, sorte de petit poêle censé facilité le démarrage du feu, qui prend tout de même plus ou moins longtemps à s'allumer selon les jours et le taux d'humidité du petit matin. Au bout de 15 à 30 minutes, on arrive enfin à faire bouillir de l'eau pour le café et les nouilles et, si le feu prend bien, faire cuire des œufs et toaster du pain.

cabane 4
Yannick, maître du feu (avec moi, je sais pas pourquoi, ça ne prend jamais).


Le petit déj' avalé, nous commençons à travailler vers 7h30 et finissons vers 11h30, quand Erich décide qu'il est l'heure de manger. Nous déjeunons généralement chez lui et restons parfois pour utiliser la connexion internet – car il n'y a pas de wifi à la cabane. Nous avons le reste de la journée libre. Nous retournons généralement chez Erich vers 17 heure pour dîner et discuter.

Comme nous allons vite le découvrir, son côté littéraire est très développé : il parle beaucoup, blablate, déblatère au rythme des épithètes et figures de styles exagérées dont il égaye ses longues tirades. Il s'écoute parler, raconte tout et son contraire. Quand ce sont des sujets que je ne maîtrise pas, je lui laisse le bénéfice du doute ; mais quand il commence un cour de biologie à côté de la plaque, je ne tiens plus en place. Impossible de l'arrêter pourtant, toute interruption est ignorée ou lui sert à rebondir de plus belle pour sortir une ânerie encore plus grosse. Fervent défenseur de Donald Trump et un poil macho sur les bords, son étonnante capacité à monologuer pendant des heures me désarme. Mais bien qu'ayant des opinions très divergentes des nôtres sur de nombreux sujets, Erich n'en reste pas moins fort sympathique la plupart du temps. Il a beaucoup de connaissances en permaculture et certaines de ses histoires sont presque intéressantes. Lui et sa femme sont très généreux, nous nourrissent à outrance, nous emmène même au restaurant.

Parfois nous mangeons à la ferme, quand il y a suffisamment de restes à finir. Le soir, j'installe les lits vers 20h et nous nous endormons vers 21h, au son des cris des geckos et de la musique du voisin qui laisse sa radio allumée toute la nuit pour éloigner les cambrioleurs (???).
Les nuits sont fraîches, voir carrément froides en cette saison, et nos deux couettes ne sont pas de trop. Comprenez bien que comparé aux 35°C de la journée, les 18°C du petit matin sont frisquets et le vent du nord nous fait grelotter. Je finis vite par adorer la petite ferme et sa vie frugale, même si Yannick, lui, a du mal à s'y faire.

Nos après-midis sont plutôt calmes. Il n'y a pas grand-chose à faire à la ferme, alors on apprend à ralentir le rythme, se reposer, ne rien faire au lieu de surfer compulsivement sur le web ou de courir les attractions touristiques. L'ennui et l'isolement nous forcent à trouver d'autres ressources. C'est l'occasion de lire nos livres, faire le point, penser à la suite de notre voyage. J'en profite pour rattraper un peu de mon retard dans mes articles et tracer notre plan de route pour les prochains mois.

cabane 13       cabane 14
Se relaxer, c'est toute un apprentissage.

 
Quand l'isolement se fait trop pesant, nous sortons à Sakon Nakhon. La ville est à 20 km. Ici, pas de bus mais l'équivalent thaï, le songthawk, sorte de pick-up aménagé qui vous ramasse et vous dépose où vous voulez sur sa route. En bon falangs, on ne comprend pas toujours comment ça marche, il n'y a pas d'horaires affichés (bien que les Thaï, eux, arrivent toujours pile au moment où le songthawk passe alors que nous l'attendons parfois quarante minutes), on ne sait jamais s'il en viendra un et on se retrouve souvent le soir obligés de faire du stop parce que plus aucun ne passe. Pourtant, j'adore ce moyen de transport, tellement local, tellement thaï ! Je suis toujours très fière quand on arrive à en attraper un et on arrive en dix minutes au centre ville.

Songthaew_3        songthawk
Un songthawk thaïlandais (source: https://en.wikipedia.org/wiki/Songthaew) et moi dedans.

Dans Sakon, les centre commerciaux, cafés chics, marchés et festivals animent la ville en continue Je me rend compte à présent à quel point la Thaïlande est riche et moderne comparée à ses voisins. Nos déplacements dans la ville sont toujours accompagnés par des « falangs » que je capte dans les conversations des locaux à notre vue. Jamais vu des Thai aussi étonnés de voir des Blancs !

 

Malade un jour, malade toujours

Depuis Ha Thanh, mes semaines sont régulièrement ponctuées d'épisodes de maladie qui me clouent au lit pour un ou deux jours avant de disparaître comme si de rien n'était. Luang Prabang, Vang Vieng, Vientiane et maintenant Sakon, qui ne déroge pas à la la règle. De terribles maux de ventre m’empêchent de bouger pendant parfois plusieurs heures et disparaissent aussi vite qu'ils sont venus. Sans aucun autre symptôme, je sais que ce n'est rien de grave, mais c'est tout de même un peu handicapant à la longue et nerveusement fatigant. Moi qui me réjouissait d'arriver dans un pays plus moderne, je comprends vite que l'option médecin n'est pas envisageable ici non plus. Erich nous raconte que l'un de ses amis, un jeune Américain installé lui aussi en Thaïlande, a eu un accident de scooter il y a quelques mois. Les médecins Thaï lui on diagnostiqué six fractures et lui ont conseillé de retourner en Amérique pour se faire soigner. Arriver dans son pays, on lui a trouvé huit fractures de plus, qui avaient échappées aux médecins Thaï et quelques commotions internes, elles aussi passées entre les mailles. Grands Dieux, si même la Thaïlande n'a pas de bons médecins, je suis perdue ! Je décide donc de laisser la nature faire et prend mon mal en patience.
Cette fois, j'en ai pour toute une semaine ; peut importe ce que je mange, bois ou prend comme médicaments, rien n'y fait. Je finis par laisser tomber le régime riz-coca et me faire plaisir, ce qui semble n'avoir aucun effet, ni positif, ni négatif, sur mes terribles maux de ventre mais a au moins le mérite de me remonter le moral quelques minutes par jour.

 

Phu Phan ferme royale

Mon système digestif enfin remis, nous partons avec Erich pour une journée un peu spéciale. Quand je dis qu'il n'y a rien de particulier à voir à Sakon Nakhon, ce n'est pas tout à fait vrai. Il y a un lieu d’intérêt majeur pour les voyageurs fermiers que nous sommes : la ferme royale de Phu Phan ! Le roi Bhumibol, souverain adoré de son peuple, avait dès les années cinquante pressenti le potentiel de la permaculture et installé à cet effet, sur ses propres fonds, dix fermes pédagogiques aux quatre coins du pays. On trouve justement l'une d'elles à Sakon. Dans cette immense ferme, les Thaïlandais peuvent venir gratuitement recevoir des cours de permaculture sur tout ce qui peut se cultiver ou s'élever en Thaïlande, chercher des semences, acheter à très bas prix des arbustes ou des animaux. Des bourses royales peuvent leur être offertes s'ils acquièrent des buffles d'eau, en voie de disparition dans le pays, ou installent des plantes particulières chez eux.

Nous passons la journée en extase. Erich, qui connaît l'endroit comme sa poche pour y avoir passé de longues heures au début de l'installation de sa ferme, nous fait une visite guidée de l'endroit qu'il ponctue d'anecdotes personnelles. Toutes les échelles de culture sont soutenables et soutenues, du jardinet à l'exploitation vivrière ; les plantes, les animaux sont abordés, présentés, expliqués. Potagers, champignons comestibles, forêts-jardin, aquaculture, élevage d'insectes, de lapins, poules, canards, cochons, vaches, séparés, mélangés, sur quelques mètres carrés ou des hectares entiers, tout ici existe et fonctionne, verdoie, respire la vie et la fraîcheur, pour montrer aux habitants qu'une alternative durable est possible et leur expliquer comment s'y prendre. Des dizaines de cars scolaires traversent l'endroit, les classes en plein air et les professeurs nous saluent quand nous essayons de passer discrètement pour ne pas les déranger. Nous apprenons plein de choses, découvrons des techniques que nous n'aurions même pas imaginé, nous remplissons la tête de bonnes idées. Nous déjeunons sur place, au restaurant 100 % ''locavore'' de Phu Phan avant de rentrer retrouver la chaleur étouffante de la vallée.

Phu Phan3
Les petits cochons noirs, race locale, sont élevés avec leur mère. Les grilles sur lesquelles ils marchent sont positionnées au dessus d'une marre, afin que les déjections des cochons viennent nourrir les nombreux poissons qui y vivent. En permaculture, il n'y a pas de déchets, il n'y a que des ressources.

Phu Phan8La permaculture est l'art d'équilibrer les écosystèmes artificiels. Ici, le poulailler est placé dans le verger. Les volailles y paturent en liberté. Elles fertilisent la terre de leur déjections et mangent les insectes potentiellement nuisibles aux arbres, tout en profitant de leur ombre. Du travail en moins pour le cultivateur, du confort en lus pour les oiseaux.

Phu Phan12
Au fond à droite, notre fermier Erich ; à l'avant, moi nourrissant les carpes au biberon. Elle sont plus que domestiques!

Phu Phan14
Rebelote avec la maison des canards: rien ne se jète. La partie au sec de leur maison, constituée de grilles, est au dessus de la marre, qui collecte les déjection qui nourrirons les poissons. Les canards ont libre accès à l'eau pour nager. On peut faire la même chose avec des poules, en ajoutant simplement un perchoir.

Bon, je vous la fait courtes avec quelques exemples, mais les fermes royales thaïlandaises sont vraiment une mine d'idées et d'informations applicables partout dans le monde. Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à me contacter ;)

 

Un village thaïlandais

Il y a environ dix minutes de marche entre notre cabane et la maison d'Erich. Chacun de nos passages dans les ruelles du village entraîne des « Hello / Sawadee Kha » enthousiastes de la part des habitants. Les villageois sont particulièrement accueillants, ils nous hèlent pour nous inviter à boire des coups, viennent nous causer et nous poser des questions – en thaï bien sûr. Depuis le temps, ils savent que les Blancs qui passent dans le hameau sont les protégés d'Erich qui viennent vivre et travailler à sa ferme pendant quelques semaines. Ils ont même surnommé entre eux l'endroit « falang farm », la ferme de l'étranger.

Autre pilier de notre quotidien, nous passons tous les soirs à la supérette de Tung, le sympathique voisin d'Erich, qui a le double avantage de parler anglais et d’être le mieux fourni du village. Bières, laits de soja et conversations quotidiennes finissent par nous lier d'amitié. Tung est de ces personnes qui vous donnent tout sans compter et pour qui c'est un honneur d'inviter.
Un jour que nous venons lui acheter de la colle pour réparer les rangers de Yannick dont les semelles baillent de tous les cotés, il se met en devoir de les réparer lui-même, avec sa propre colle et ses outils aussi sophistiqués que ceux d'un cordonnier, parce que « celle du magasin, elle n'est pas bien ». Il tient à les garder en observation toute une nuit pour vérifier la qualité de son travail, refuse qu'on le paye et nous invite par-dessus le marché à passer une journée avec lui pour visiter sa ferme, dans un village voisin.

 

La ferme de Tung

Ce samedi 16 décembre, nous avons rendez-vous à 9h au magasin. Il fait ''froid'' ce matin, nous avons sorti les écharpes et Tung son bonnet. Nous montons dans son pick-up et c'est parti !.. pour s’arrêter trois minutes plus tard. Tung fait quelques achats et nous tend en rentrant dans la voiture un petit sachet à chacun, contenant de quoi petit-déjeuner : des fines gaufrettes sucrées au sésame. En bon Thaïlandais, il nous conduit, nous nourrit, s'occupe de nous, nous redonne à manger, nous invite à déjeuner.

Nous faisons un détour par l'école locale où il est enseignant. Il nous explique que cette école est gratuite et accueille surtout les enfants des habitants les moins riches des villages alentours. Dans sa salle de classe, les instruments de musique et de cuisine remplissent l'espace entre les livres et les posters écrits en thaïlandais. Musicien passionné, il a aussi fait installé une salle de musique toute équipée d'instruments au fond de la cour.
Nous reprenons la route et nos gaufrettes pour quelques minutes et arrivons à sa ferme vers 10 heures. Tung nous fait visiter la propriété : à gauche, la maison de son frère, à droite, celle de sa sœur, derrière, celle de son autre sœur. Nous sommes en terre familiale ! Sa maison à lui est une grande maison ouverte traditionnelle, sans murs ainsi que cela se faisait au siècle dernier, qu'il a construit lui-même et habité pendant ses longues années de célibat avant de rencontrer sa femme. Il compte bien, une fois en retraite, revenir s'en occuper à plein temps. Il nous raconte tous ses projets d'aménagement pour le futurs au fur et à mesure que nous traversons le bazar hétéroclite que contient la maison. L'un des cotés ouvre sur une grande marre, en partie arrangée par Erich pour retenir l'eau plus efficacement en saison sèche. Il veut y installer des cabanes flottantes dont les flotteurs seront desbidons en plastique de récup'. Elles constitueront des chambres pour les clients de ce qui sera sa guesthouse. Il a déjà tout ce qu'il faut pour les décorer : meubles, trophées de chasse, cadres, pour l'instant empilés au quatre coin de la maison et faisant office de mur temporaires. La maison principale, un peu débarrassée à cet effet, servira de salle commune, où les clients pourrons à loisir faire la cuisine, peindre, jouer de la musique, bricoler.

Un petit potager propret planté en permaculture, une dépendance au plafond bas, un abri servant d'atelier et une salle de bain en projet complètent la propriété. La visite nous prend une bonne heure, après quoi il est temps de préparer le déjeuner, prendre une tonne de photos ensemble, et rentrer faire la sieste au village. Tung est aussi honorer de notre présence dans son antre que nous d'être invités. Avant de partir, il nous fait promettre de revenir le voir dans quelques années quand son projet sera fini et nous assure que nous avons à présent deux maisons : une en France et une ici, en Thaïlande.

Tung 3*De gauche à droite, Tung, Yannick, moi et l'épouse de Tung.

Une dernière journée de repos et nous plions bagages. Nous quittons Erich à la station de bus, celle-là même où il est venu nous chercher deux semaines plus tôt. Direction plein sud. Nous sautons de ville en ville et de bus en bus pendant deux jours pour rejoindre la frontière cambodgienne. Non loin de là se trouve notre prochaine étape : Siem Reap et les temples d'Angkor...

 

 

 

Posté par pattepackers à 14:09 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , ,